Thérapie génique de la leucodystrophie métachromatique par transfert intracérébral direct du gène déficient à l’aide d’un vecteur AAV
Dr Nathalie Cartier-Lacave et Dr Abdelatiff Benraiss – INSERM U 561 – Paris – FRANCE
Subvention : 85 000 €
La leucodystrophie métachromatique (LDM) est une maladie démyélinisante du système nerveux central, débutant le plus souvent vers 1-2 ans, et conduisant au décès en quelques années, sans traitement actuellement disponible. Les lésions démyélinisantes sont initialement limitées, laissant l'opportunité d'une fenêtre thérapeutique. La LDM est due au déficit d'une enzyme lysosomale, l'arylsulfatase A, impliquée dans la dégradation des sulfatides. Il existe un modèle murin reproduisant les caractéristiques cliniques, biochimiques et histologiques de la pathologie humaine. Le but de ce projet, financé par ELA (2003-2005), est d'évaluer la faisabilité chez l’animal d’une approche de thérapie génique de la LDM par ciblage direct du gène ASA dans le cerveau grâce à un vecteur AAV5 recombinant (AAV5/ASA).
La première année, le vecteur AAV5/ASA a été injecté dans le cervelet et les capsules internes de souris LDM afin d'évaluer sa capacité à prévenir (injections avant les premiers signes cliniques) ou guérir (injections après les premiers signes) la maladie. Les souris LDM (traitées, injectées avec un vecteur témoin, non traitées et sauvages) sont analysées à différents temps après injection. L'étude phénotypique est actuellement en cours et sera achevée mi-2005 ; les premiers résultats montrent une diffusion et une expression importantes de l'enzyme, ainsi qu'une correction de la surcharge en sulfatides témoignant de la fonctionnalité de l'ASA recombinante. L'expression à long terme est associée à une amélioration des performances motrices et des lésions histologiques.
La seconde année du projet aura plusieurs objectifs :
- évaluer la participation d'une atteinte de la moelle et/ou du nerf périphérique aux lésions développées par la souris LDM ;
- améliorer l’efficacité de la diffusion et/ou de l’expression de l’ASA (injections intra-ventriculaires) ;
- vérifier l’absence de toxicité à long terme d’une surexpression de l’ASA ;
- développer des outils biochimiques permettant de quantifier l'activité de l'ASA et les modifications des lipides de la myéline chez la souris MLD (témoignant de la démyélinisation).