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Rapport annuel 2000
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par Augusto Odone, président
du Projet Myéline
Traduction : Jacqueline Dee-Klis.
I. Introduction et résumé
II. Le point sur les recherches
III. XIe rencontre du Projet Myéline
IV. Financement des recherches
V. Projets et stratégies
I.
Introduction et résumé
L 'étude clinique de l'Université
de Yale (USA) pour la transplantation de cellules de Schwann chez
les patients atteints de sclérose en plaques (SEP) qui devait
commencer au mois de septembre 2000 a rencontré des difficultés
passagères. Les événements ont pris un tour nouveau
car l'IRB de Yale retire l'autorisation
initialement accordée au mois de mai dernier pour la conduite
de l'étude clinique. Cette instance demande désormais
l'avis d'un chercheur indépendant, c'est-à-dire un scientifique
travaillant en-dehors du Groupe de Travail du Projet Myéline,
avant de donner son accord. Cette démarche prendra du temps
et il est peu probable que la procédure de transplantation
démarre avant l'an 2001. Inutile de dire que nous sommes confus
à l'idée de vous faire part de ce nouvel ajournement
d'un essai présenté dans nos articles précédents
comme étant "une affaire réglée". Soyez
certains, cependant, de notre volonté ferme de voir aboutir
ces essais.
Nous avons reçu de la part du Dr Allan
Levi une proposition pour mener une étude clinique qui a pour
objet la transplantation de cellules de Schwann autologues dans la
moelle épinière de trois patients atteints de SEP. Cette
proposition a été formulée lors d'une réunion
lancée et financée par le Projet Myéline à
Yale qui a réuni des chercheurs du Projet de Miami, des membres
de l'équipe de Yale et du Groupe de Travail du Projet Myéline.
L'objectif principal de cette réunion était de mettre
au point des stratégies de transplantation mais la rencontre
a également permis de préparer le terrain pour une collaboration
étroite entre les participants.
Le Dr Annick Baron-Van Evercooren de l'Hôpital
de la Salpêtrière à Paris a pratiqué la
transplantation autologue de cellules de Schwann dans la moelle épinière
chimiquement démyélinisée de quatre singes. Une
étude postopératoire a révélé la
formation de nouvelle myéline dans la moelle épinière
des primates.
Dans une série d'expériences croisées
(entre espèces) à Cambridge (GB), le Dr Robin Franklin
a démontré que les cellules olfactives engainantes ont
la capacité de remyéliniser les axones démyélinisés
lors de transplantation chez les modèles de rat dont le système
nerveux central (SNC) a été démyélinisé.
Le Dr Ian Duncan et ses collaborateurs à
l'Université de Wisconsin-Madison (USA) ont réussi à
transformer les cellules souches embryonnaires (qui ont la capacité
de se différencier en tous les types principaux de cellules)
en cellules neurales précurseurs. A terme, ils espèrent
pouvoir guider ces cellules vers une transformation en oligodendrocytes.
L'équipe du Dr Michael Schumacher de l'Inserm
U488 au Kremlin-Bicêtre a fait avancer son projet de tester
chez les patients atteints de SEP un dérivé de progestérone
qui amènerait les cellules de Schwann et les oligodendrocytes
à produire de la myéline. Ils effectuent actuellement
une série d'études précliniques pour identifier
un dérivé précis de progestérone qui ne
présente aucun risque pour les patients suivant le traitement.
L'ensemble des expériences menées
par les Drs Baron, Franklin, Duncan et Schumacher est parrainé
par le Projet Myéline. Pour conclure, le Dr Inderjit Singh
et le Dr Timothy Vollmer, conviés au départ à
la ixe rencontre du Groupe de Travail du Projet Myéline à
Nice, ont pris la décision de lancer une étude clinique
sur plusieurs sites pour évaluer l'efficacité du médicament
Simvastatin en tant que traitement chez les patients atteints de SEP.
Le Projet Myéline contribuera au financement de cette étude
en collaboration avec la société pharmaceutique Merck.
Qu'est-ce que l'IRB ?
Institutional Review
Board : littéralement, Comité de Révision
Institutionnel. Un IRB est une commission rattachée à
une institution médicale qui est chargée de contrôler
la conformité des essais sur l'homme aux principes éthiques.
Composés essentiellement de membres de facultés
de médecine qui se portent volontaires, les IRB à
l'échelle locale ont autorité pour approuver, exiger
des modifications ou désapprouver tout projet de recherche.
Les Instituts Nationaux de la Santé ont décidé
de renforcer les contrôles des activités des IRB
à la suite de rapports récents dénonçant
des infractions au règlement en matière de recherches
cliniques commises par certains chercheurs américains.
Dans ce nouveau contexte, les IRB se montrent plus réticents
à approuver les études cliniques. Cette attitude
plus circonspecte est une des raisons du retard du lancement de
l'étude de transplantation de cellules de Schwann à
l'Université de Yale.
II.
Le point sur les recherches
Recherches dans le domaine de la transplantation
a) L'étude de Yale
L'étude concernant la transplantation de
cellules de Schwann est en suspens. L'IRB de Yale doit se réunir
de nouveau dans les semaines qui viennent après avoir reçu
les recommandations de l'expert indépendant. Ce contretemps
préoccupant nous déçoit tous. Ajoutons à
cette frustration le risque de voir gâcher tout le travail précieux
de préparation de l'étude en cas d'ajournement du projet,
sans parler de l'effet néfaste d'une telle décision
pour la recherche sur la remyélinisation à Yale et ailleurs.
Pendant la période de préparation des essais sur l'Homme,
l'équipe de transplantation à Yale a dû régler
plusieurs problèmes complexes. Ils ont été amenés,
par exemple, à mettre au point une procédure pour maximiser
la récolte de cellules de Schwann à partir de tissus
frais. A la suite de plusieurs essais à partir de membres amputés
et de tissus d'autopsies, l'équipe a mis au point une procédure,
avec l'aide du Dr Woods et de ses collaborateurs au Projet de Miami,
qui produira régulièrement entre 5 et 10 millions de
cellules de Schwann viables lorsqu'elle est pratiquée sur le
nerf sural de patients atteints de SEP.
L'équipe a travaillé en collaboration
avec le Dr Edward Worth de l'Université de Floride (USA) pour
développer les techniques d'imagerie capables de déceler
toute formation de nouvelle myéline chez les patients opérés.
L'équipe a également mobilisé les compétences
du Dr Cedric Raine (Albert Einstein College of Medicine [USA]), spécialiste
en neuropathologie, pour l'analyse des biopsies cérébrales
pratiquées sur les patients.
>Un dilemme auquel l'équipe deYale a dû
faire face concernait la nécessité d'écraser
le nerf sural du patient une ou deux semaines avant la transplantation
; une étape qui permettrait, d'après quelques chercheurs,
d'augmenter la récolte de cellules de Schwann. Les expériences
sur les primates menées à Yale et à Miami démontrent
cependant qu'écraser le nerf sural n'apporte rien au niveau
du nombre de cellules obtenu. Par conséquent, la décision
a été prise d'éliminer l'étape d'écrasement
du nerf prévue dans le protocole d'origine. Le nerf sural du
patient fera donc simplement l'objet d'une biopsie un jour avant l'implantation
chirurgicale des cellules de Schwann.
Le dépistage et la sélection de
candidats aux essais ont demandé beaucoup de temps. En raison
du suivi post-opératoire intensif nécessitant de la
part des patients de fréquents examens médicaux, l'équipe
a décidé de ne recruter que des patients atteints de
SEP habitant à proximité de Yale. En plus de l'ensemble
des critères de sélection présentés dans
les comptes-rendus précédents, ce critère a permis
de limiter considérablement le choix des candidats. Vu les
résultats positifs obtenus lors des études précliniques
menées jusqu'ici, nous considérons la remise en cause
de la décision initiale prise par l'IRB comme étant
non justifiée. Nous leur avons donc adressé un courrier
pour exprimer notre désaccord avec leur nouvelle prise de position.
Nous avons fait remarquer, entre autres choses, que le projet de transplantation
de cellules de Schwann chez les patients atteints de SEP a été
examiné au départ dans le cadre d'une réunion
collective parrainée par le Projet Myéline au mois de
juin 1998, à Leesburg en Virginie (USA). Ce projet a fait l'objet
d'un nouvel examen lors d'une deuxième réunion parrainée
par le Projet Myéline qui s'est tenue au mois de février
2000 au Centre de Recherches des SEP à Yale. L'avis autorisé
de l'ensemble des éminents chercheurs et cliniciens ayant assisté
aux deux réunions et venant de différents instituts
médicaux du monde entier aurait dû suffire pour chasser
les incertitudes vis-à-vis de l'étude clinique. En avalisant
le programme de transplantation du Dr Vollmer, les spécialistes
ayant participé aux réunions ont conclu que l'étude
clinique proposée pour les patients atteints de SEP présenterait
des avantages potentiels énormes tout en minimisant les risques
du côté des patients. Si la procédure devait prouver
que les cellules implantées peuvent survivre et migrer vers
le système nerveux central du patient afin de produire de la
myéline fonctionnelle, cette avancée permettrait de
dynamiser toutes les recherches dans le domaine de la transplantation
neurale et préparerait le terrain pour un traitement efficace
de la SEP et d'autres maladies démyélinisantes. Ces
prises de position semblent bien correspondre aux principes présentés
dans le Rapport Belmont en matière de protection des sujets
de recherche humains. Ce rapport soutient la conduite d'études
présentant des risques minimes si elles offrent des avantages
à l'ensemble des patients atteints de la maladie en question,
même si une amélioration de l'état des sujets
de l'étude est peu probable. Cependant, notre courrier n'a
pas obtenu l'effet désiré et, actuellement, l'étude
de Yale reste en suspens en attendant l'examen de l'expert indépendant.
b) Autres études de transplantation
Le premier objectif visé par l'étude
proposée par le Dr Allan Levi est d'évaluer la sécurité
de la procédure de transplantation autologue de cellules de
Schwann multipliées en culture dans la moelle
épinière de patients atteints de SEP.
Un deuxième objectif consiste à s'assurer de la survie
de ces cellules et de leur capacité à réparer
les axones démyélinisés de la moelle épinière.
Au cours de son étude, le Dr Levi recevra l'aide d'autres scientifiques
et médecins renommés du Projet de Miami, tous spécialistes
des lésions du système nerveux central et de la réparation
de celles-ci, dont les Drs Mary Bungie, Patrick Wood et Naomi Kleitman.
Nous avons fait circuler la proposition du Dr Levi parmi les membres
du Groupe de Travail et nous sommes en train d'analyser leurs remarques
à ce sujet.
Recherches sur les animaux
Au cours de son étude des cellules olfactives
engainantes (OEC), le Dr Robin Franklin a établi que les OEC
prélevées dans le bulbe olfactif d'un sujet humain à
l'âge adulte sont capables de remyéliniser des axones
démyélinisés après avoir été
transplantées chez des modèles de rat dont le SNC avait
été démyélinisé. Il a également
pu démontrer que la réaction des OEC humaines ressemble
sensiblement à celle des OEC des rongeurs. Les expériences
menées avec des cellules de rat, qui sont faciles à
obtenir pour des besoins de recherche scientifique, peuvent être
de bonnes indications sur la façon dont les OEC humaines vont
réagir à la suite de la transplantation dans le SNC
de patients. Actuellement, le laboratoire du Dr Franklin s'attaque
à des tests qui permettront de définir si les OEC transplantées
aboutissent à une plus grande zone de remyélinisation
que la transplantation de cellules de Schwann dans un milieu riche
en astrocytes (plusieurs chercheurs estiment que les astrocytes limitent
la capacité de remyélinisation des cellules de Schwann.)
Le laboratoire du Dr Ian Duncan poursuit son travail
sur la transplantation intra-ventriculaire de cellules gliales. Comme
nous l'avons déjà signalé dans des comptes-rendus
précédents, plusieurs laboratoires, dont celui du Dr
Duncan, ont signalé que les cellules gliales injectées
dans le système ventriculaire du cerveau ont été
transportées par le liquide cérébro-spinal dans
toutes les zones du cerveau. Il est évident que la transplantation
de cellules gliales offre des possibilités pour le traitement
de patients dont le SNC est atteint de démyélinisation
générale ou de lésions multifocales. En ce moment,
le laboratoire du Dr Duncan mène une étude comparative
des propriétés migratoires et myélinisantes de
cellules primaires (c'est-à-dire prélevées directement
sur le rat) et de cellules multipliées en culture lors de transplantation
de celles-ci dans les ventricules latéraux de rats et de souris
ayant un déficit de myéline.
Le Dr Annick Baron-Van Evercooren a continué
ses essais sur la transplantation autologue de cellules de Schwann
dans la moelle épinière du primate. Dans sa dernière
expérience, elle a transplanté des cellules repérables
par des marqueurs rétroviraux dans la moelle de quatre animaux
dont la démyélinisation avait été au préalable
provoquée en injectant un produit chimique qui détruit
la myéline. Au bout de 6 semaines, il a été possible
de visualiser par électromicroscopie une zone bien distincte
de myéline périphérique qui engainait une quantité
importante d'axones. En revanche, aucune remyélinisation n'a
été relevée chez les primates dans le groupe
de contrôle ayant subi la démyélinisation à
partir du même produit chimique mais n'ayant pas subi la transplantation
de cellules de Schwann. Le Dr Baron a le sentiment qu'elle arrivera
à des résultats encore plus positifs si elle utilise
un marqueur différent, tel que l'uridine bromolaté (BrdU)à
la place des marqueurs rétroviraux qui semblent provoquer la
mort des cellules. Son laboratoire prépare une série
de cellules de Schwann marquées par le BrdU en vue d'une transplantation
dans deux primates supplémentaires.
Nous avons mis à la disposition du Dr William
Blakemore deux mutants de rats démyélinisés :
un Long Evans Shaker et un Taiep. Le Dr Blakemore a réussi
à créer des colonies à partir des deux mutants
dans son laboratoire de Cambridge. Une série d'expériences
menées avec les Shakers a permis de prouver que les oligodendrocytes
« hôtes » entrent en contact avec les axones de
façon à empêcher les cellules transplantées
de faire leur travail de remyélinisation. En ce qui concerne
les Taieps, les essais de transplantation seront pratiqués
lorsque les rats auront un an, il devrait y avoir à ce moment-là
une quantité suffisante d'axones démyélinisés
pour envisager la remyélinisation à partir de précurseurs
d'oligodendrocytes.
Le Dr Hans Althaus à l'Institut Max Plank
für Experimental Medezin (D) poursuit ses recherches sur le cochon
nain en tant que modèle pour les maladies humaines démyélinisantes.
Le Dr Althaus se sert pendant ses essais de protéines basiques
de la myéline (MBP) comme agent de démyélinisation.
Comparés à d'autres agents du même type, les MBP
présentent l'avantage de provoquer des lésions plus
importantes (permettant ainsi une meilleure visualisation IRM/SPECT
de toute activité de démyélinisation ou de remyélinisation.)
Ces lésions ressemblent de plus près à celles
observées pour les SEP et autres maladies démyélinisantes.
Le Dr Althaus étudie également les propriétés
myélinisantes de deux types de cellules chez le cochon nain
: les cellules neurales ftales et les cellules souches adultes prélevées
sur la paroi ventriculaire du cerveau. Etant donné la ressemblance
entre le système neural du cochon et celui de l'être
humain, les informations obtenues à partir de ces essais seront
certainement très utiles pour la conception de futurs traitements
des maladies humaines démyélinisantes.
Multiplication des cellules
A l'Unité de culture de cellules du Projet
Myéline à l'Université de Wisconsin-Madison (USA),
les Drs Ian Duncan et Su-Chun Zhang ont identifié un marqueur
(facteur de croissance dérivé des plaquettes) qui leur
permet de pister l'évolution des précurseurs d'oligodendrocytes
humains in vitro. En outre, ils ont découvert que le développement
d'oligodendrocytes humains nécessite la présence d'autres
types de cellules telles que les neurones et les astrocytes.
A partir de ces résultats, le groupe de
Madison met actuellement au point de nouvelles stratégies pour
enrichir les cellules progénitrices afin de produire des cultures
toujours plus élevées d'oligodendrocytes fonctionnels.
Le Dr Zhang étudie l'utilité des
cellules souches embryonnaires (CSE) en tant qu'autre source de cellules
myélinisantes. Les CSE sont capables de se différencier
en tous les types de cellules du corps humain. Cependant, avant de
pouvoir produire de la myéline, ces cellules doivent d'abord
se transformer en cellules neurales pour ensuite devenir des cellules
capables de produire de la myéline, c'est-à-dire des
oligodendrocytes ou des cellules de Schwann. Au cours de ces derniers
mois, il a réussi à faire transformer les CSE en cellules
neurales précurseurs. Il s'agit maintenant de trouver les moyens
de passer à la deuxième étape citée ci-dessus.
Le Dr Zhang, directeur des recherches sur les CSE, nous a récemment
fait part de sa décision de quitter l'Unité pour s'installer
dans son propre laboratoire à la Faculté de Médecine
qui se trouve également au sein de l'Université de Wisconsin-Madison,
où il poursuivra son travail sur ces cellules.
Produits chimiques
Le Dr Michael Schumacher, de l'Inserm U488 au
Kremlin-Bicêtre, poursuit ses recherches dans le domaine de
la génétique moléculaire pour découvrir
comment fonctionnent les propriétés remyélinisantes
de la progestérone. L'équipe a établi les différences
entre le récepteur de la progestérone des cellules gliales
et des cellules reproductrices. Si les chercheurs arrivent à
définir de manière précise la séquence
nucléotide du récepteur de la progestérone des
cellules gliales, cette avancée pourrait déboucher sur
l'identification d'un dérivé de progestérone
spécifique qui pourra stimuler la production de myéline
sans provoquer des effets secondaires nocifs au système de
reproduction ou aux organes sexuels secondaires.
Le Dr Schumacher a entre temps entrepris les préparatifs nécessaires
à des essais cliniques pour tester ses théories sur
l'effet de la progestérone chez les patients atteints de SEP.
A cette fin, il collabore avec deux neurologues éminents, le
Pr Lyon-Caen (service de Neurologie à l'Hôpital de la
Salpêtrière à Paris) et le Pr Confavreux (service
de Neurologie à l'Hôpital de l'Antiquaille à Lyon).
Les Drs Inderjit Singh et Vollmer travaillent
en collaboration pour mettre en place une étude clinique du
médicament simvastatin qui baisse le taux de cholestérol
afin de tester sa capacité à limiter les symptômes
de la SEP et éventuellement à bloquer la progression
de la maladie. Les centres qui participeront à l'étude
sont la Faculté de Médecine de Caroline du Sud, l'Institut
de la Santé à l'Université de Colorado et la
Faculté de Médecine de l'Université de Yale.
Chaque centre choisira 10 patients présentant des lésions
cérébrales évolutives. Les patients participant
aux essais qui doivent commencer au mois de décembre 2000 prendront
le médicament par voie orale tous les jours pendant 6 mois
; une série d'examens IRM est prévue pendant cette période
pour mesurer toute réduction ou transformation des lésions.
L'étude est établie à partir
des recherches effectuées précédemment par le
Dr Singh qui ont démontré la capacité des statines
à bloquer la mise en route de cellules du système immunitaire
qui fabriquent différents produits toxiques provoquant une
détérioration de la myéline chez les patients
atteints de SEP. L'équipe a effectué une série
d'expériences en préparation à cette étude
où une maladie du même genre que la SEP, l'encéphalite
allergique expérimentale (EAE), a été déclenchée
chez le rat par injection de protéines dérivées
de la myéline telles que la protéine basique de la myéline.
Les résultats de ces expériences sont très nets
: les rats sous simvastatin se sont rétablis rapidement alors
que les rats dans le groupe de contrôle ont vu leur état
empirer et ont fini par mourir. Espérons que les chercheurs
pourront obtenir les mêmes résultats chez les patients
atteints de la SEP que ceux obtenus chez le modèle rat EAE.
III.
XIe rencontre du Projet Myéline
Les participants à la réunion n'ont
pas signalé d'avancées importantes dans leurs recherches
autres que celles décrites ci-dessus. En tant que représentants
des patients, nous avons souligné le besoin à ce stade
du Projet de revoir les stratégies d'attribution de subventions.
Bien que nos conventions stipulent que notre organisation financera
uniquement les projets qui aboutiront à des traitements, jusqu'à
l'heure actuelle, le Projet Myéline a financé des recherches
fondamentales sur des modèles animaux ainsi que les études
de culture de cellules. Ayant passé tant d'années à
recueillir des données à partir d'expériences
in vitro et sur les animaux, le moment est arrivé où
il va falloir traduire ces informations en essais cliniques.
Nous avons déjà expliqué
que la branche non scientifique du Projet Myéline n'est pas
du tout contre la recherche fondamentale ; toutefois, nous estimons
que le financement de recherches fondamentales devrait être
pris en charge par des autorités gouvernementales ou par de
grandes organisations. Les membres du Projet Myéline s'intéressent
moins à leur contribution éventuelle aux progrès
scientifiques théoriques ou à l'élaboration par
les chercheurs de traitements qui bénéficieront aux
générations futures. Leurs préoccupations portent
plutôt sur les recherches qui permettront de découvrir
des traitements qui allégeront leurs souffrances ou celles
de leurs êtres chers. Bref, le court terme prime sur le long
terme. Alors que certains membres du Groupe de travail semblaient
accepter ce point de vue, d'autres ne le partageaient pas.
Un autre sujet de discussion à cette réunion
concernait la meilleure manière d'évaluer les risques
et avantages d'essais sur l'Homme. Tout le monde était
d'accord sur le principe éthique que les études envisagées
doivent comporter des risques minimes pour les sujets conformément
au principe d'Hippocrate : "d'abord, ne pas nuire" (primum
non nocere). Mais qu'en est-il des avantages potentiels ? Faut-il
les évaluer uniquement en fonction des sujets participant aux
essais ou, tel que nous le pensons, selon les bénéfices
apportés à la société toute entière
? Les participants n'ont pas trouvé de consensus quant à
la réponse à cette question.
IV.
Financement des recherches
Les tableaux I et II
montrent que nous avons consacré à la recherche pour
l'année 1999 la somme de 803 000 $ US dont plus de 546 000
$ US en direction des membres du Groupe de Travail pour financer leurs
expériences. Des dépenses supplémentaires pour
la recherche concernent la rencontre annuelle du Groupe de Travail
à Londres en octobre 1999. Les frais de communication représentent
une part importante des dépenses consacrées à
la recherche, surtout au siège du Projet Myéline à
Washington DC. En tant que bureau central de coordination, le siège
doit faire circuler les articles rédigés par les membres
du Groupe de Travail dès leur réception, souvent par
distribution expresse. De plus, nous avons organisé plusieurs
téléconférences entre chercheurs pour coordonner
leurs activités et pour une prise de décision rapide.
Nos frais administratifs (16 %) représentent un pourcentage
des recettes
nettement inférieur à celui de la grande majorité
des organisations à but non lucratif.
Le tableau III présente
les expériences financées pour les six premiers mois
de cette année.
Tableau I - Données financières
par section (en milliers de dollars US)
|
|
|
|
|
|
|
Total
|
| Fonds
au 01/01/1999* |
26,7
|
64,7
|
98,0
|
62,6
|
393,7
|
256,0
|
901,7
|
|
|
|
|
|
|
|
|
| Recettes |
81,4
|
109,9
|
87,4
|
16,3
|
235,9
|
536,4
|
1
067,3
|
|
|
|
|
|
|
|
|
| Dépenses |
56,0
|
159,5
|
81,4
|
55,8
|
355,9
|
422,5
|
1
131,1
|
| dont |
|
|
|
|
|
|
|
| - recherche |
48,0
|
122,9
|
32,8
|
52,8
|
249,5
|
297,3
|
803,3
|
| - information |
5,9
|
10,2
|
13,6
|
1,4
|
57,8
|
71,4
|
160,3
|
| - administration |
2,1
|
26,4
|
35,0
|
1,6
|
48,6
|
53,8
|
167,5
|
|
|
|
|
|
|
|
|
| Fonds
au 31/12/1999 |
52,1
|
15,1
|
104,0
|
23,1
|
272,7
|
369,9
|
837,9
|
* Nous avons mis à jour ces chiffres
pour refléter la baisse des monnaies européennes par rapport
au dollard US durant 1999. Ceci explique la différence entre
les fonds disponibles au 31/12/1998 (rapportés dans notre rapport
annuel de mai 1998) et les fonds disponibles au 01/01/1999.
Tableau II - Expériences financées
en 1999 (en milliers de dollars US)
| Directeur
de recherche |
Sujet |
Financement |
Montant
|
| H.
Althaus |
Modèle
de transplantation mini cochon |
D,
CH, USA |
47,5
|
| A. Baron-Van Evercooren |
Transplantation chez
la primate |
F |
20,0
|
| W.
Blakemore |
Rats
Taïeps |
USA |
7,5
|
| M. Cappa |
Recherche ALD |
USA |
20,0
|
| I.
Duncan |
Unité
de cultures de cellules de Madison |
GB,
USA |
142,0
|
| R. Franklin |
Cellules olfactives
engainantes |
GB |
62,2
|
| S.
Rehncrona |
Unité
de cultures de cellules de Lund |
F,
CH, USA |
110,0
|
| Unité de cultures
de cellules de Lund |
Thérapie génique |
USA |
48,0
|
| T.
Vollmer |
Etudes
précliniques pour des essais chez l'Homme |
USA |
89,0
|
|
|
|
546,2
|
Tableau III - Expériences financées
en 2000 (au 30 juin 2000 - en milliers de dollars US)
| Directeur
de recherche |
Sujet |
Financement |
Montant
|
| H.
Althaus |
Modèle
porcin pour transplantation |
CH |
15,8
|
| M. Cappa |
Recherche
ALD |
USA |
16,4
|
| I.
Duncan |
Etude
intra-ventriculaire |
GB |
31,9
|
| R. Franklin |
Cellules
olfactives engainantes |
GB |
29,4
|
| M.
Schumacher |
Dérivés
de progestérone |
F |
22,1
|
| T. Vollmer |
Etudes
précliniques pour des essais chez l'Homme |
USA |
52,7
|
|
|
|
168,3
|
V.
Projets et stratégies
Après avoir écouté les différents
points de vue formulés à la XIe rencontre annuelle du
Groupe de Travail du Projet Myéline, nous proposons d'adopter
les directives suivantes pour le financement de recherches futures
:
- le Projet Myéline respectera les engagements actuels sans
tenir compte du type d'expérience en question ;
- le Projet Myéline apportera son soutien aux essais cliniques
qui concernent la transplantation de cellules formatrices de myéline
ou l'utilisation de traitements thérapeutiques ;
- le Projet Myéline financera à l'avenir uniquement
les expériences sur les animaux et in vitro qui entrent
dans la catégorie des essais précliniques, c'est-à-dire
les expériences qui ont des chances d'aboutir aux essais cliniques
soit directement, soit à court terme. Dans cette catégorie,
le Projet Myéline donnera la priorité aux propositions
formulées par des auteurs qui ont déjà établi
des collaborations avec une équipe médicale compétente
et volontaire pour la mise en pratique sur le plan clinique des résultats
de leurs recherches.
- le Projet Myéline déboursera les fonds à mesure
que les recherches avanceront ; ce fonctionnement tranche sur les
pratiques de certaines fondations caritatives qui versent en une fois
des bourses qui couvrent l'ensemble des frais prévus pour mener
l'expérience en question.
Conformément à ces directives, le
Projet Myéline a l'intention de :
- poursuivre le financement de l'essai de Yale dès que l'IRB
aura donné le feu vert ; notre subvention sera payée
en plusieurs versements, chaque versement se fera une fois que l'on
aura accompli des avancées significatives dans les recherches.
- financer l'expérience intra-ventriculaire à l'Université
de Wisconsin-Madison suivant les engagements déjà pris.
- parrainer l'Unité de culture de cellules de Wisconsin-Madison
jusqu'au mois de décembre 2000. Après cette date, nous
avons l'intention de mettre fin à notre parrainage de l'Unité.
Les Instituts Nationaux de Santé (NIH) viennent de publier
des directives en ce qui concerne les recherches sur les cellules
souches et financera, quoique de manière sélective,
les recherches dans ce domaine. Cette prise de position du NIH a incité
des dizaines de laboratoires américains à se lancer
dans les recherches sur les cellules souches ce qui signifie que ce
domaine est de plus en plus saturé. En outre, le
chercheur à la tête de cette unité spécialisée
dans les cellules souches, le Dr Su-Chu Zhang, nous a récemment
fait part de son intention de monter son propre laboratoire dans un
autre institut au sein de l'Université. Dans ces conditions,
la poursuite du parrainage de l'Unité de culture de cellules
ne représente pas la meilleure façon d'utiliser les
ressources limitées du Projet Myéline.
- prolonger de six mois supplémentaires notre soutien à
l'expérience menée sur le singe à la Salpêtrière,
ce qui permettra aux chercheurs de s'occuper des détails qui
restent à régler concernant les études menées
jusqu'ici.
- contribuer au financement de l'étude des aspects immunologiques
du processus inflammatoire qui se produit chez les patients atteints
de SEP qui participent aux essais sur le simvastatin dans les différents
centres.
- parrainer l'expérience du Dr Murphy qui cherche à
savoir si l'Huile de Lorenzo traverse la barrière hématoencéphalique.
Si tel n'est pas le cas, il voudrait mettre au point une stratégie
afin que l'huile passe cette barrière.
Nous récapitulons dans le tableau IV
nos besoins estimés jusqu'au 31 décembre2001.
Tableau IV - Récapitulatif de nos besoins
approximatifs (en milliers de dollars US)
a) Engagements actuels
| H. Altaus |
Modèle porcin pour transplantation |
15,5
|
| A. Baron-Van Evercooren |
Trasnplantation chez le primate |
40,0
|
| I. Duncan |
Unité de culture de cellules |
27,0
|
| I. Duncan |
Etude intra-ventriculaire |
55,5
|
| M. Schumacher |
Dérivés de progestérone |
20,0
|
| T. Vollmer |
Essais sur l'Homme, cellules de
Schwann |
332,9
|
|
Total des engagements en cours
|
409,9
|
b) Nouvelles activités
i) Recherches
| Assimilation
de l'acide érucique chez le rat |
60,0
|
| Marqueurs
immunologiques dans l'essai clinique de Simvastatin |
50,0
|
| Eventualités |
100,0
|
| Rencontres,
communication... |
60,0
|
|
Total
pour la recherche
|
270,0
|
ii) Autres
| Information |
180,0
|
| Administration |
170,0
|
|
Total
autres
|
350,0
|
|
|
|
TOTAL
GENERAL
|
1
110,9
|
Nous tous au Projet Myéline, vous adressons
nos voeux les plus chaleureux, à vous et à votre famille,
pour cette période de fêtes et pour la nouvelle année.
Augusto Odone,
Président du Projet Myéline international

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