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Rapport moral 1999 du Projet Myéline international

[Retour au sommaire]

par Augusto Odone, président du Projet Myéline -
Traduction : Andrée Horel.

 

I. Introduction et résumé
II. Recherches
III. Collecte de fonds
IV. Panorama financier
V. Projets et stratégie
VI. Conclusion

 

I. Introduction et résumé

La recherche financée par le Projet Myéline a pris un rythme accéléré en 1998 et plus encore au début de l'année 1999.

Des études précliniques recommandées par le Groupe de Travail du Projet Myéline sont en cours à l'Université de Yale (USA). Il s'agit de transplanter des cellules formatrices de myéline dans le cerveau d'un singe. S'il s'avère que la procédure est sans risque et conduit à la remyélinisation, ces études seraient suivies cet été d'un essai chez l'Homme sur 5 patients atteints de sclérose en plaques.

Le Dr Stig Rehncrona a soumis le projet de procéder à des essais similaires sur l'Homme à l'Université de Lund en Suède, première étape vers la création d'un centre de transplantation du Projet Myéline en Europe.

Le travail avance vite à l'Université de Wisconsin-Madison où les chercheurs ont développé des cultures de longue durée de cellules précurseurs de neurones humains qui se différencient en oligodendrocytes. A l'Université de Lund, les chercheurs ne sont pas loin d'obtenir les mêmes résultats.

Le Dr Annick Baron-Van Evercooren (la Salpêtrière, Paris) a détecté des signes de remyélinisation dans la moelle épinière de singe démyélinisée artificiellement suite à la transplantation de cellules de Schwann.

Le Pr. Etienne-Emile Baulieu et son équipe du Collège de France (Paris), en collaboration avec des chercheurs de l'Université de Cambridge (Royaume Uni), va tester la progestérone en tant que promoteur de remyélinisation chez des rats démyélinisés ; ils préparent également un essai chez l'Homme.

"L'esprit de corps" se renforçant, la collaboration entre les membres du Groupe de Travail est de plus en plus fréquente.

De même que notre recherche s'est accélérée, nous avons assisté à une augmentation de 16,7 % de nos recettes totales, due à l'afflux des dons de ceux qui nous soutiennent.

II. Recherches

2.1. Recherches sur la transplantation

2.1.1. Essais chez l'Homme

Peu après notre dernier rapport annuel, le Dr Vollmer (Yale University School of Medicine) a soumis au Projet Myéline un protocole pour la transplantation de cellules formatrices de myéline chez l'homme. Dans cette expérience, les cellules de Schwann du système nerveux périphérique de 5 patients atteints de sclérose en plaques seront transplantées dans leur système nerveux central.

Selon la politique suivie par le Projet Myéline, nous avons soumis ce projet aux autres membres du Groupe de Travail pour étude. Leurs commentaires ont porté sur la nécessité d'études précliniques chez le singe. Le but de ces études étant de confirmer que la procédure est sans risque et que les cellules nouvellement implantées produisent réellement de la myéline (épreuve du concept). Ces études seront menées à Yale par le Dr Jeffrey Kocsis, membre du Groupe de Travail du Projet Myéline ainsi que de l'équipe de transplantation de Yale. Il provoquera chimiquement des lésions dans le cerveau du singe à des endroits sélectionnés pour reproduire l'endroit des lésions dans la sclérose en plaques. Il est vraisemblable que ces études auront des conclusions favorables tant en ce qui concerne l'absence de risque que l'épreuve du concept. Des transplantations semblables ont été effectuées dans de nombreuses expériences chez l'animal tant au sein qu'à l'extérieur du Projet Myéline, sans effets négatifs notables. Quant à l'épreuve du concept, plusieurs expériences ont clairement montré la capacité des cellules de Schwann à remyéliniser dans le SNC. Le succès de ces expériences précliniques, fort vraisemblable, contribuerait beaucoup à convaincre le Conseil Institutionnel des Rapporteurs à Yale de donner leur accord final à l'essai sur l'Homme.

Les études précliniques ne devraient que très peu retarder l'essai chez l'Homme, prévu maintenant pour commencer en août-septembre au lieu de juin comme prévu initialement. Deux facteurs permettront d'accélérer ces études. D'abord, le Dr Kocsis a une longue expérience de la transplantation de cellules gliales dans le SNC du singe. Ensuite, il utilisera des singes déjà hors de la quarantaine ("empruntés" à Yale). Il a prévu la première transplantation dans le cerveau du singe pour la première semaine de juin et les deuxième et troisième suivront peu après.

En juin également, le Dr Vollmer commencera à choisir les 5 candidats à l'expérimentation. Ces candidats doivent avoir entre 18 et 65 ans, être gravement handicapés (en fauteuil roulant ou ayant besoin d'un déambulateur), avoir été sous interféron bêta en dose stable depuis au moins trois mois et avoir des zones de démyélinisation cérébrale repérables à l'IRM. Nous encourageons nos lecteurs atteints de SEP qui sont intéressés et répondent à ces critères à s'inscrire auprès de Mme Susan Hobbs au bureau du Dr Vollmer (téléphone : +1 / 203 764 42 86).

2.1.2. Autres recherches sur les transplantations

Au cours d'expériences antérieures, le Dr Annick Baron-Van Evercooren s'est rendue compte que transplanter des cellules de Schwann dans le nerf optique artificiellement démyélinisé d'un singe n'aboutit pas à une remyélinisation. La cause de cet échec semble être liée au site : les astrocytes du nerf optique, qui sont différents des autres astrocytes du SNC, empêchent peut-être la nouvelle formation de cellules de Schwann dans la lésion ou ne fournissent peut-être pas les facteurs trophiques nécessaires pour favoriser la différenciation de cellules de Schwann et la myélinisation.

Dans une nouvelle série d'expériences de transplantation, elle s'est concentrée non plus sur le nerf optique du singe mais sur sa moelle épinière. Dans ces expériences, elle transplante des cellules de Schwann obtenues chez les singes eux-mêmes dans des lésions provoquées artificiellement dans leur moelle épinière.

Ses résultats préliminaires indiquent que les cellules de Schwann transplantées ont survécu et produit de la myéline bien que leur capacité à migrer au-delà du site de l'implantation soit limitée.

Le Dr Baron-Van Evercooren a aussi envoyé des cellules de Schwann de singe à Yale où le Dr Kocsis les a transplantées dans des lésions de la moelle épinière de rat provoquées chimiquement. Le Dr Kocsis a prouvé que ces cellules de singe, en plus de survivre et de produire de la myéline, amélioraient aussi la conduction dans la moelle épinière du rat. Cette aptitude des cellules gliales de primates non humains à survivre et à produire de la myéline fonctionnelle dans le SNC d'animaux différents est de bon augure pour les essais chez l'Homme prévus à Yale.

L'an passé, le Projet Myéline a accordé une subvention au Dr Hans Althaus de l'Institut Max Planck de médecine expérimentale à Göttingen en Allemagne pour développer un modèle de mini-porc pour les recherches sur la remyélinisation. Le Dr Althaus a récemment signalé qu'il avait conçu une nouvelle méthode pour créer des lésions de myéline "propres" dans le cerveau du porc. Alors qu'elle tue les oligodendrocytes et défait les gaines de myéline, cette méthode ne cause aucun dégât aux axones et aux astrocytes. Le Dr Althaus trouve que ce modèle mini-porc ainsi obtenu ressemble bien davantage à la démyélinisation chez l'Homme que les autres modèles. Il a également commencé des cultures d'oligodendrocytes de porc et leur implantation dans de nouvelles lésions.

Le Dr William Blakemore de l'Université de Cambridge a publié dans le numéro de mai 1999 du Journal européen de neurosciences, une étude sur la récupération fonctionnelle chez des rats démyélinisés.

Après démyélinisation de leur moelle épinière, ces rats avaient développé des anomalies de la démarche qui se voyaient nettement lorsqu'on les faisait marcher sur une poutre. Ces rongeurs retrouvaient leur démarche normale après transplantation de précurseurs d'oligodendrocytes pour réparer les lésions. A notre connaissance, c'est la première récupération de fonction motrice dûment constatée après transplantation de cellules formatrices de myéline.

 

2.2. Recherches sur les cultures de cellules

La transplantation de cellules de Schwann a abouti à la remyélinisation du SNC chez les animaux, mais ceci peut n'être pas reproductible chez l'Homme d'où l'importance d'avoir d'autres types de cellules formatrices de myéline de prêtes telles que les précurseurs d'oligodendrocytes. Préparer des cultures de PO à transplanter est précisément l'objectif des deux unités de culture de cellules que le Projet Myéline à installées à Madison (Wisconsin) et à Lund (Suède).

Plusieurs expériences ont montré que la remyélinisation la plus efficace s'obtient dans le SNC par transplantation de PO purs ou homogènes tels que ceux dérivés de la lignée CG4 de cellules de rongeurs. Dans ces expériences, les PO ont également montré des aptitudes importantes à migrer en remyélinisant des zones du SNC bien au-delà du site de l'implant.

Nos deux unités de culture de cellules avaient initialement espéré arriver à une lignée immortelle de cellules de PO humains, l'équivalent de la lignée CG4 chez les rongeurs. Puisque ce but n'a pu être atteint, les unités travaillent toutes les deux à développer des cultures de longue durée enrichies de PO en vue d'obtenir, une fois transplantées, les mêmes résultats que les CG4.

Les recherches des deux Unités progressent rapidement vers cet objectif. Le Dr Su-Chun Zhang, en particulier, sous la direction du Dr Ian Duncan, a établi à Madison des cultures de cellules précurseurs de neurones humains qui, après divisions répétées ("passages" dans le langage des scientifiques) et des périodes relativement longues (jusqu'à un an ou davantage) peuvent se différencier en oligodendrocytes qui expriment la protéine de base de la myéline.

En ajoutant des mélanges appropriés de facteurs de croissance à ces cultures, l'équipe de Madison tente actuellement de mener les précurseurs de neurones au lignage des oligodendrocytes à l'exclusion d'autres voies possibles telles que celles qui mènent à la formation de neurones ou d'astrocytes, assurant ainsi l'homogénéité maximale des préparations de PO.

La publication récente de trois articles dans des journaux médicaux très importants est la preuve de l'excellence scientifique de l'Unité de Madison.

Financés par le Projet Myéline, les chercheurs de Madison ont commencé l'an dernier à collaborer avec les Instituts Nationaux de la Santé à Bethesda (Madison) en vue de mettre au point des techniques d'IRM permettant de repérer tout signe de remyélinisation. (Les techniques actuelles peuvent identifier des zones de démyélinisation mais ne réussissent généralement pas à reconnaître la nouvelle myéline). Des techniques de cette nature seront de précieux outils pour mesurer dès le début la formation de gaines de myéline dans les essais chez l'Homme. Le Dr Arturo Camacho, neurochirurgien et nouveau membre de l'équipe de Madison, a apporté à Bethesda des chiots trembleurs (shaking pups) à des âges différents pour des études IRM de leur SNC. Ces études fourniront une base de comparaison pour les études IRM ultérieures chez les chiots après transplantation.

Les chercheurs de l'Unité de culture de cellules du Projet Myéline à Lund (Suède) essaient également d'obtenir des PO humains à partir de précurseurs de neurones. Jusqu'à présent, ils ont constaté une augmentation importante de PO dans leurs cultures ; ils cherchent maintenant à confirmer ces résultats par des études supplémentaires. Ils ont également transplanté des oligodendrocytes chez des souris shiverer (modèle mutant dysmyélinisant). Les PO ont survécu mais n'ont pas myélinisé, peut-être parce qu'ils étaient trop peu nombreux dans les préparations transplantées. Pour leurs nouvelles tentatives, les chercheurs de Lund vont transplanter des cultures ayant un pourcentage plus élevé de PO chez les souris shiverer, d'autres rongeurs mutants, et chez le modèle mini-porc du Dr Althaus.

Le Dr Robin Franklin de l'Université de Cambridge a commencé à préparer ses expériences sur la capacité myélinisante des cellules engainantes du bulbe olfactif (OEC) (cellules gliales couvrant le nerf qui transmet au cerveau le sens de l'odorat). Il a déjà collecté des résultats sur les OEC humaines à comparer avec celles des rats. Il a bon espoir d'avoir, pour la fin de l'année, une meilleure idée du potentiel remyélinisant de ces cellules.

 

2.3. Substances

Le Projet Myéline ne met pas tous ses "oeufs" dans le "panier de la transplantation" mais poursuit avec énergie des recherches sur la remyélinisation par des voies parallèles. Le Projet Myéline finance ainsi les recherches du Dr Etienne-Emile Baulieu et de son équipe au Collège de France sur les bienfaits éventuels de la progestérone.

Des expériences antérieures avaient montré que la progestérone accélère la myélinisation dans le SNP (système nerveux périphérique) des souris et que le récepteur de progestérone dans les cellules formatrices de myéline est différent de celui d'autres cellules. Tous leurs efforts portent maintenant sur le clonage de ce récepteur. Jusqu'à présent, ils en ont cloné une partie. Réussir à cloner le reste leur permettra peut-être d'identifier des dérivés de la progestérone tels que les progestines qui auraient pour cible choisie les cellules formatrices de myéline et éviteraient les effets secondaires indésirables.

Le Pr. Baulieu et son équipe préparent actuellement, en collaboration avec deux éminents neurologues français, un protocole pour le premier essai clinique permettant de tester les hormones liées à la progestérone dans une maladie de la myéline. Dans cet essai, on administrerait des progestines de synthèse à des femmes atteintes de SEP après l'accouchement (le taux de rechute chez ces femmes diminue au cours de la grossesse à mesure que leur taux de progestérone augmente, avant de redevenir identique après l'accouchement). Le but de cet essai serait de maintenir le taux de rechute à un niveau bas après l'accouchement également.

Cependant, avant de démarrer cette expérience, les scientifiques du Collège de France doivent vérifier que la progestérone et certains de ses dérivés favorisent réellement la remyélinisation dans le SNC tout comme dans le SNP. Pour ce faire, ils ont mis au point des expériences en collaboration avec les Drs Baron-Van Evercooren et Franklin, ayant pour but de remyéliniser le cerveau et la moelle épinière artificiellement démyélinisés de souris.

En dernier lieu, ils étudient en collaboration avec le Dr Baron-Van Evercooren, les effets de la progestérone sur la survie des oligosphères ("touffe" de PO en culture en forme de sphère). Ils ont récemment observé que les PO dans les oligosphères de rat meurent au bout de deux jours en l'absence de progestérone mais survivent plus longtemps si l'on ajoute de la progestérone à la culture.

 

2.4. Adrénoleucodystrophie (ALD)

Le rapport sur les progrès de la recherche sur l'ALD est maintenant disponible (cliquez ici).

 

III. Collecte de fonds

Le British Trust for the Myelin Project a organisé différentes manifestations pour collecter des fonds en 1998, y compris une exposition, un tournoi de golf, un marathon à Londres et un marathon cycliste d'un bout à l'autre de la Grande Bretagne : le JOGLE (John O' Groats à Land's End). Les manifestations prévues pour 1999 comprennent un autre marathon à Londres, un dîner de sportifs et un challenge multi-sports (lever de poids, cyclisme, course).

En 1999, le Projet Myéline France a ouvert un site sur Internet par le biais du site de son organisation consoeur ELA. Les collectes de fonds d'ELA-Projet Myéline cette année comprennent des courses des enfants des écoles ("Mets tes baskets et bats la maladie") et la vente de ballons signés par "les Bleus".

La section suisse prévoit cette année sa promotion par des annonces télévisées sur le service public dans tout le pays en collaboration avec une fondation pour enfants. Elle essaiera aussi de susciter des articles dans les journaux nationaux décrivant les réalisations du Projet Myéline.

La section allemande a entrepris l'an dernier une réorganisation qui devrait bientôt s'achever tout en continuant à collecter des fonds grâce à diverses manifestations. Pour 1999, ils ont différentes manifestations en cours, en particulier une campagne "Des enfants courent pour des enfants" dans les écoles et une promotion où se produit Léonore Capell, vedette de feuilleton allemand.

Aux USA, le siège du Projet Myéline continue à générer de l'intérêt (et des rentrées d'argent) grâce à ses comptes-rendus semestriels. Nous sommes aussi en relation avec des fondations intéressées par la remyélinisation qui partagent notre philosophie de "l'initiative privée" et qui pourraient être ouvertes au cofinancement de certaines des expériences qui sont dans notre programme.

La création d'alliance de ce genre permettrait le financement d'expériences qui, autrement, ne seraient pas conduites ou connaîtraient un retard important (nous savons tous que les agences gouvernementales mettent généralement très longtemps à donner leur accord à des propositions de recherche, souvent jusqu'à 2 ans). S'il y avait aussi un échange régulier d'informations, ces alliances réduiraient également le risque que des chercheurs se voient accorder de multiples subventions pour la même expérience.

A cette fin, nous avons déjà pris contact avec plusieurs organismes, par exemple, le Fond de Recherche Canavan, Hunter's Hope, la Fondation Sclérose en Plaques, l'Organisme pour les troubles de la myéline, un réseau de Malades Pelizaeus-Merzbacher et l'Association pour la Myélite Transverse.

 

IV. Panorama financier

4.1. Du 1er janvier au 31 décembre 1998

Les tableaux I. et II. montrent qu'en 1998, nous avons consacré plus de 709 000 dollars US à la recherche dont à peu près 441 000 ont été versés directement aux chercheurs pour leurs expériences. Les dépenses de recherches supplémentaires comprennent les frais de la rencontre annuelle du Groupe de Travail à Nice (France) fin octobre et la réunion spéciale de consensus près de Leesburg (Virginie, USA) en juin de l'an dernier. Elles comprennent également le coût des animaux et du matériel fournis à nos chercheurs, non inscrits initialement au budget des projets. Les frais de communication ont représenté une part importante des dépenses de recherche, en particulier au bureau de notre siège à Washington DC. En raison des fonctions de "bureau central" et de coordination assurées par ce bureau, les documents écrits par un membre du Groupe de Travail (et acceptés pour publications) doivent être immédiatement communiqués à tous les autres membres, souvent par distribution express. En outre, nous avons tenu plusieurs téléconférences des membres du Groupe de Travail pour coordonner la recherche et prendre rapidement des décisions.

Avec le temps, il semble que nous gagnions en efficacité. Ainsi, en 1998, nous avons collecté 16,7 % de fonds de plus qu'en 1997, tout en réduisant les coûts administratifs en pourcentage de notre revenu. (Ce pourcentage est maintenant de 12,9 alors qu'il s'élevait à 14,4 en 1997.)

 

Tableau I - Données financières par section (en milliers de dollars US)

 

Total

Fonds au 01/01/1998

39,2

5,9

136,0

2,1

52,9

360,8

144,1

741,0

                 
Recettes

110,0

120,2

88,2

5,3

45,6

366,2

493,2

1 228,7

                 
Dépenses

118,2

66,1

110,3

5,5

27,5

323,1

381,3

1 032,0

dont                
- recherche

106,5

35,8

54,0

2,1

22,6

241,4

247,0

709,4

- information

6,0

1,0

33,9

1,5

3,3

38,7

80,3

164,7

- administration

5,7

29,3

22,4

1,9

1,6

43,0

54,0

157,9

                 
Fonds au 31/12/1998

31,0

60,0

113,9

1,9

71,0

403,9

256,0

937,7

Tableau II - Expériences financées en 1998 (en milliers de dollars US)

Directeur de recherche Sujet Financement

Montant

H. Althaus Modèle porcin pour transplantation Allemagne, Suisse

35,1

C. Avellino Acides gras et remyélinisation Italie

8,6

A. Baron-Van Evercooren Remyélinisation chez les primates Siège US

28,2

E.-E. Baulieu Progestérone et remyélinisation France

50,7

I. Duncan Unité de cultures de cellules de Madison Royaume-Uni, Dubaï

93,7

I. Duncan Perfectionnement des techniques d'IRM Royaume-Uni

53,7

R. Franklin Cellules engainantes du bulbe olfactif Royaume-Uni

32,2

S. Rehncrona Unité de cultures de cellules de Lund Royaume-Uni, Allemagne, Suisse

61,0

K. Smith / P. Aubourg* Thérapie génique Siège US, Italie, Espagne

48,0

T. Vollmer Etudes précliniques pour des essais chez l'Homme Siège US

30,0

     

441,2


* Tous les fonds pour l'expérimentation de la thérapie génique ont été collectés grâce à des campagnes spéciales.

 

4.2. Du 1er janvier au 15 mai 1999

Au cours des 5 premiers mois de 1999, le rythme de nos versements aux chercheurs s'est accéléré. A la mi-mai, le Projet Myéline avait déjà versé aux chercheurs plus de 330 000 dollars (cf. tableau III). D'autre part, les revenus n'ont pas augmenté en proportion au cours de cette même période. Cette tendance a quelque peu érodé nos réserves de fonds qui, au 15 mai 1999, étaient approximativement de 805 000 dollars contre 937 000 au début de l'année.

 

Tableau III - Expériences financées en 1999 (au 15 mai 1999 - en milliers de dollars US)

Directeur de recherche Sujet Financement

Montant

H. Althaus Modèle porcin pour transplantation Allemagne

16,4

E.-E. Baulieu Progestérone et remyélinisation France

32,7

M. Cappa Recherche ALD Siège US

20,0

I. Duncan Unité de cultures de cellules de Madison Royaume-Uni

40,8

S. Rehncrona Unité de cultures de cellules de Lund Siège US, France, Allemagne, Italie, Suisse

150,0

K. Smith / P. Aubourg Thérapie génique Siège US

48,0

T. Vollmer Etudes précliniques pour des essais chez l'Homme Siège US

69,0

     

376,9

 

V. Projets et stratégies

Notre projet couvre les 12 mois à venir. Nous avons adopté ce cadre de temps relativement court pour deux raisons. Premièrement, plus la période est courte, plus le projet est fiable. Ensuite, nous espérons que pour juin 2000 nos chercheurs auront trouvé le moyen de remyéliniser le SNC de patients atteints de maladies de la myéline auquel cas le Projet Myéline aura rempli sa mission de pionnier. Des articles sur les réalisations du Projet Myéline paraîtraient dans la presse scientifique et nos expériences seraient répétées par des centres médicaux dans le monde entier avec des sources de revenus indépendantes.

Notre première priorité est, bien sûr, d'honorer nos engagements actuels qui s'élèvent à près de 744 000 dollars US (cf. tableau IV). D'autre part, nous envisageons de financer les activités ci-dessous.

 

5.1. La 4e année de l'Unité de culture de cellules de Lund

Nous avons récemment reçu une proposition du Dr Rehncrona impliquant un coût de plus de 202 000 $ que nous avons tout de suite fait circuler parmi les membres du Groupe de Travail afin d'avoir leur avis. Outre la demande de poursuite du travail sur les cultures de cellules, cette proposition comprend un projet de transplantation de préparation de PO chez les patients atteints de SEP ou de leucodystrophie.

Comme arguments en faveur de notre réponse positive à la demande du Dr Rehncrona, il y a la longue tradition d'excellence en neurologie et les chercheurs de tout premier plan que le Dr Rehncrona a attirés vers l'Unité de culture de cellules du Projet Myéline et leur expérience en matière de transplantation de neurones producteurs de dopamine pour la maladie de Parkinson. (Jusqu'à présent, ils ont effectué des transplantations couronnées de succès chez 30 patients et amélioré leur condition clinique de manière importante.) C'est pourquoi l'Unité de culture de cellules de Lund pourrait bien devenir le centre de transplantation européen pour les maladies de la myéline, ce qui serait vraiment important. D'autre part, le projet de transplantation du Dr Rehncrona n'a pas de calendrier précis. Le coût élevé du maintien en activité de l'Unité de culture de cellules de Lund est aussi préoccupant. Dans ces conditions, nous avons décidé d'attendre l'avis du Groupe de Travail avant de prendre quelque engagement. Cependant, nous avons inclus les sommes correspondant à la demande du Dr Rehncrona dans notre planification indicative.

 

5.2. Unité de culture de cellules de Madison

Il est clair que nous devons continuer à soutenir cette unité, ce laboratoire a réalisé les progrès les plus importants dans l'avancée des recherches sur les PO transplantables. Etendre notre soutien financier à une 4e année coûterait approximativement 84 000 dollars.

 

5.3. Recherche sur les singes

Le Dr Annick Baron-Van Evercooren a récemment envoyé une demande pour 30 000 $ afin de poursuivre son travail sur les singes. Bien que sa demande soit encore à l'étude, nous avons inclus la somme correspondante dans notre planification. Obtenir confirmation que la transplantation de cellules de Schwann autologues aboutit à une remyélinisation dans la moelle épinière de singe serait important d'un point de vue tant scientifique que pratique, tout comme déterminer le moyen d'augmenter les capacités migratoires de ces cellules.

 

5.4. Xe meeting du Projet Myéline

Le British Trust accueillera le Xe meeting du Groupe de Travail du Projet Myéline cet automne à Londres. (Le Projet Myéline France a accueilli le IXe meeting du Groupe de Travail à Nice du 22 au 25 octobre l'an dernier.)

 

5.5. Eventualités

De plus, nous avons inclus dans notre planification indicative une réserve de 100 000 $ qui peuvent être nécessaires pour financer les dépenses de recherches urgentes l'an prochain, en relation avec des expériences en cours ou nouvelles.

 

5.6. Information et administration

Pour terminer, nous avons ajouté des montants approximatifs de 165 000 et de 158 000 $, calculés sur la base de notre expérience passée, pour couvrir respectivement les frais d'information et d'administration que nous risquons d'encourir dans les 12 mois à venir.

 

Tableau IV - Récapitulatif de nos besoins approximatifs pour les 12 mois à venir (en milliers de dollars US)

a) Engagements actuels

H. Altaus Modèle porcin pour transplantation

87,3

I. Duncan Technicien pour l'Unité de culture de cellules

30,0

I. Duncan Perfectionnement des techniques d'IRM

55,5

R. Franklin Cellules engainantes du bulbe olfactif

96,5

T. Vollmer Essais sur l'Homme, cellules de Schwann

474,6

Total des engagements en cours

743,9

b) Nouvelles activités

i) Recherches

Unité de culture de cellules de Lund

202,0

Unité de culture de cellules de Madison

84,0

Dr. A. Baron-Van Evercooren

30,0

Eventualités

100,0

Rencontres, communication...

142,8

Total pour la recherche

558,8

ii) Autres

Information

164,7

Administration

157,9

Total autres

322,6

TOTAL GENERAL

1 625,0

Si nous comparons le chiffre des dépenses totales (plus de 1,6 million de dollars) à nos disponibilités actuelles (à peu près 805 000 dollars) nous constatons un déficit financier de 820 000 dollars environ.

Bien qu'une partie de ce déficit puisse être comblée par des expériences cofinancées avec d'autres organismes privés, c'est à nous qu'en incombe la majeure partie.

 

VI. Conclusion

C'est une période passionnante pour notre projet. Le début de l'essai sur l'Homme à Yale est prévu pour dans quelques mois et il se pourrait qu'une thérapie à base de progestérone soit prête dans un avenir relativement proche. Mais pour mener à bien ces entreprises et faire que nos espoirs deviennent réalité, nous avons besoin de votre aide, plus que jamais.

Augusto Odone,
Président du Projet Myéline