Programmes de recherche
financés par ELA France en 1999
A
la suite de l'appel d'offres 1999, 14 programmes de recherche ont
été retenus par le Conseil scientifique d'ELA et ont pu
être financés grâce à l'argent de nos généreux
donateurs que nous remerçions pour leur confiance et leur fidélité.
Aspects
génétiques et moléculaires
1. Recherche de marqueurs
précoces des oligodendrocytes.
2. Cartographie et clonage
d'un gène de leucodystrophie sans cause.
3. Induction de différenciation
gliale par le glide/gcm.
4. Transporteurs ABC peroxysomaux chez
le champignon filamenteux Podospora Anserina.
5. Thérapie pharmacologique
de l'X-ALD : analyse du promoteur du gène ALDR.
6. Réseau de recherche
sur les leucodystrophies de cause indéterminée : étude
clinique prospective et recherche des causes.
Aspects
génétiques et moléculaires - Mécanismes physiopathologiques
7. Clonage positionnel du
gène de leucoencéphalopathie vacuolisante.
Mécanismes
physiopathologiques.
8. Etude de la myélinisation
dans les conditions normales et physiopathologiques chez des souris dont
les gènes MOG et PLP ont été inactivés.
9. ALD : études in vitro
et in vivo de la fonction de la protéine ALDP.
10. Rôle du N-AcetylAspartylGlutamate
et du glutamate dans la physiopathologie de la maladie de Pelizaeus-Merzbacher
(PMD).
Mécanismes
physiopathologiques - Approches thérapeutiques
11. Pathogénèse
de l'ALD dans le SNC et implications pour une stratégie thérapeutique.
12. Analyse clinique, neuropathologique,
biochimique et moléculaire du syndrome CACH.
Approches
thérapeutiques
13. Obtention de cellules
précurseur du SNC de primate non-humain pour l'étude des
thérapies cellulaires et géniques destinées au traitement
des leucodystrophies.
14. Thérapie génique
de l'ALD : développement de vecteurs viraux pour l'introduction
du gène ALD ex vivo dans les cellules hématopoïétiques
et in vivo dans le SNC.
Thème : Aspects génétiques
et moléculaires
Recherche
de marqueurs précoces des oligodendrocytes.
Dr Philippe Cochard
- UMR 5547 CNRS - Université Paul Sabatier - Toulouse
Dans le cerveau et la
moelle épinière, la gaine de myéline
des fibres nerveuses, structure indispensable au bon fonctionnement
du système nerveux, est élaborée par des cellules
particulières, appelées oligodendrocytes. Les diverses maladies génétiques
regroupées sous le terme de leucodystrophies affectent la formation
de cette gaine de myéline. Bien que dans certains cas on ait
pu identifier les gènes défectueux chez les malades atteints
de leucodystrophie, les causes réelles de l'absence de formation
de la myéline sont encore mal connues. La mise en oeuvre de stratégies
thérapeutiques permettant, à terme, de traiter ces situations
pathologiques nécessitent une recherche fondamentale axée
sur la compréhension des mécanismes biologiques qui contrôlent
le développement des oligodendrocytes et leur fonctionnement.
Ces mécanismes sont encore mal connus, en particulier en ce qui
concerne les toutes premières étapes du développement
des oligodendrocytes.
Nous avons débuté
l'année dernière la recherche de nouveaux gènes
exprimés par les oligodendrocytes très tôt au cours
de leur développement, et nous avons pu isoler plusieurs gènes
"candidats". A partir de ces résultats, le but de notre
projet est double. Nous cherchons d'abord à savoir quels gènes
sont réellement des "marqueurs" d'oligodendrocytes
embryonnaires, ce qui nous permettra de pouvoir repérer facilement
ces cellules au milieu des autres cellules embryonnaires participant
à la formation du système nerveux. D'autre part, parmi
ces molécules "marqueurs" exprimées très
tôt, certaines doivent jouer un rôle majeur dans le programme
de fabrication des oligodendrocytes. Nous cherchons donc à connaître
leur fonction dans ce programme. Une meilleure compréhension
de ces phénomènes précoces devrait permettre de
mieux définir les étapes clés au cours desquelles
un oligodendrocyte peut être atteint dans son intégrité
et de définir des stratégies thérapeutiques visant
à corriger ces déficits.
Subvention : 90 000
FF (13 720 Euros)

Thème : Aspects génétiques
et moléculaires
Cartographie et clonage
d'un gène de leucodystrophie sans cause.
Pr Benoît Arveiller
& Cyril Goizet - Université Victor Segalen - Bordeaux
Depuis 10 ans, les progrès
de la génétique ont permis des avancées spectaculaires
dans l'identification et la compréhension des mécanismes
moléculaires des leucodystrophies. Cependant, dans près
de 30 % des cas, aucune anomalie n'a été trouvée
par les moyens techniques actuels (biologiques, histologiques) ; ce
qui fait classer ces leucodystrophies dans les formes dites "sans
causes" ou "indéterminée". L'existence
probable de causes multiples dans ces leucodystrophies indéterminées
rend leur étude particulièrement délicate par les
techniques de génétique habituellement utilisées
pour la localisation de gène(s) impliqué(s) dans une maladie donnée.
Nous avons réussi à
localiser un gène impliqué dans une leucodystrophie indéterminée
sur le chromosome
11 grâce à la découverte d'un petit remaniement
chromosomique (microdélétion) chez un jeune homme porteur
à la fois d'une leucodystrophie indéterminée et
d'un albinisme oculo-cutané. Il est maintenant nécessaire
de déterminer les limites exactes de cette microdélétion
avant de tenter une approche classique d'identification de gène.
L'intérêt immédiat sera d'ordre diagnostique, avec
la possibilité de rechercher des mutations de ce gène
chez d'autres malades. A plus long terme, l'intérêt pourrait
être thérapeutique grâce à une meilleure compréhension
des mécanismes globaux de formation d'une leucodystrophie.
Subvention : 50 000
FF (7 622 Euros)

Thème : Aspects génétiques
et moléculaires
Induction de différenciation
gliale par le glide/gcm.
Dr Angela Giangrande
- Institut de Génétique et de Biologie Moléculaire
et Cellulaire (IGBMC) - Strasbourg
Les cellules gliales
constituent le deuxième composant du système nerveux.
Plusieurs pathologies sont associées à une gliogenèse
défectueuse, due à une prolifération anormale ou
à des défauts dans la différenciation gliale. Parmi
ces pathologies il y a les leucodystrophies, des maladies génétiques
hétérogènes affectant la myélinisation dans
le système nerveux central (SNC).
Afin de développer de
nouvelles thérapies pour les maladies démyélinisantes,
il est nécessaire d'identifier les gènes induisant la différenciation gliale
ainsi que les cellules précurseurs de la glie. En effet, seule
une connaissance des mécanismes de base permettra la mise en
place de protocoles ciblés de transplantation et/ou de thérapie
génique.
Malgré les multiples
rôles des cellules gliales dans le développement et le
fonctionnement du système nerveux, les mécanismes de la
gliogenèse sont encore méconnus. Pour cette raison, nous
avons identifié et isolé le gène qui permet la
différenciation des cellules gliales : le glide/gcm (glial
cell deficient / glial cell missing). De manière très
intéressante, ce gène, qui est spécifiquement exprimé
dans les précurseurs des cellules gliales, est nécessaire
et suffisant pour l'induction de la gliogenèse. Dans ce projet,
nous proposons d'explorer le mode d'action de glide/gcm et d'identifier
ses régulateurs.
Subvention : 120
000 FF (18 294 Euros)

Thème : Aspects génétiques
et moléculaires.
Transporteurs ABC
peroxysomaux chez le champignon filamenteux Podospora Anserina.
Dr Véronique
Berteaux-Lecellier - CNRS UMR 8621 - Université Paris Sud
Certains aspects des maladies
peroxysomales, en particulier l'adrénoleucodystrophie
(ALD), restent mal compris. Cela tient vraisemblablement au fait
que nos connaissances sur les peroxysomes et leurs ABC transporteurs
sont encore incomplètes. Pour combler ces lacunes, des études
fondamentales doivent être effectuées sur des systèmes
modèles qui se prêtent à l'analyse génétique
mais qui soient plus complexes que ne le sont les levures. Nos travaux
sur le champignon filamenteux Podospora Anserina suggèrent
que cet organisme est particulièrement approprié pour
de telles études. L'absence de peroxysome (due à une mutation
dans le gène PEX2, syndrome
de Zellweger chez l'Homme) entraîne un défaut de différenciation
cellulaire chez Podospora. L'expression du cDNA humain codant
le transporteur ABC peroxysomal PMP70 y restaure à la fois la
présence de peroxysomes et la différenciation. L'homologue
du gène ALD humain a été cloné
: la protéine de Podospora et celle de l'Homme montrent
40 % d'identité. Nous nous proposons de cloner tous les gènes
de Podospora codant les transporteurs ABC peroxysomaux, d'observer
l'effet de leur surexpression sur les mutants PEX2 et d'analyser les
conséquences de leurs délétions sur la physiologie
et le développement du champignon. Nous espérons ainsi
contribuer à une meilleure compréhension des peroxysomes
et des maladies peroxysomales chez l'Homme.
Subvention
: 60 000 FF (9 147 Euros)

Thème : Aspects génétiques
et moléculaires
Thérapie pharmacologique
de l'X-ALD : analyse du promoteur du gène ALDR.
Pr Maurice Bugaut
& Stéphane Fourcade - LBMC - Faculté des Sciences
Gabriel - Dijon
L'adrénoleucodystrophie
(X-ALD) est une maladie génétique liée au chromosome
X qui frappe 1 enfant mâle sur 20 000 et qui est due à
des mutations dans le gène ALD. L'X-ALD est caractérisée
par une dégénérescence cérébrale
progressive et, sur le plan biochimique, à une accumulation d'acides
gras à très longue chaîne (AGTLC). La gravité
des symptômes cliniques est très variable, ce qui fait
supposer l'implication d'un second gène. Un gène très
homologue (ALDR) a été récemment identifié.
Une des hypothèses veut que les protéines produites, ALD et ALDR, forment un hétérodimère
fonctionnel capable de transporter les AGTLC abondants dans la myéline.
On a montré récemment que dans des fibroblastes de patients X-ALD, une production élevée
de la protéine ALDR peut suppléer à la déficience
de la protéine ALD.
Le but du travail est de comprendre
comment l'expression du gène ALDR est régulée afin
de trouver des médicaments capables d'augmenter la production
cellulaire de la protéine ALDR (thérapie pharmacologique
de l'X-ALD).
Subvention : 70 000
FF (10 672 Euros)

Thèmes : Aspects génétiques
et moléculaires - Mécanismes physiopathologiques
Clonage positionnel
du gène de leucoencéphalopathie vacuolisante.
Pr Eric Séboun
- Centre National de Génotypage - Evry
Les leucodystrophies
forment un groupe de maladies cliniquement et génétiquement
hétérogènes. Nous venons de localiser le gène responsable du syndrome mégalencéphalie-leucodystrophie
cystique sur le chromosome 22qter dans un intervalle de 3 cM (article soumis
en mai 1999) sur un groupe de 13 familles Turques par une analyse systématique
des différentes régions chromosomiques. De plus, nous
avons montré que les deux manifestations décrites de cette
pathologie sont liées au même locus génétique.
Cette étude a été
menée en collaboration avec les équipes de génétique
(Dr Meral Ozguc) et de neuropédiatrie (Dr Meral Topçu)
de l'hôpital universitaire Hacettepe d'Ankara (Turquie). Elle
s'inscrit dans le prolongement du projet intitulé "stratégie
de localisation des gènes en cause dans les leucodystrophies
de cause indéterminée" mené par le Dr Odile
Boëspflug-Tanguy et soutenu en 1998 par ELA.
Les objectifs de ce projet
sont :
1. l'identification du gène responsable de cette pathologie,
2. la compréhension du mécanisme physiopathologique.
Subvention : 60 000
FF (9 147 Euros)

Thème : Aspects génétiques
et moléculaires
Réseau de
recherche sur les leucodystrophies de cause indéterminée :
étude clinique prospective et recherche des causes.
Dr Odile Boëspflug-Tanguy
- INSERM U384 - Faculté de Médecine - Clermont-Ferrand
Les leucodystrophies
de cause indéterminée représentent un groupe
très hétérogène d'affections. La mise en
place d'une étude multicentrique prospective de ces affections
a permis l'identification de sous-groupes homogènes, définis
par l'association des éléments cliniques, électrophysiologiques
et neuroradiologiques. Parmi les 310 familles collectées, 235
présentent un tableau "hypo-" ou "dysmélinisant"
évoquant un trouble de la mise en place de la myélinisation,
et 75 un tableau "démyélinisant" consécutif
à un processus dégénératif plus ou moins
rapide de la myéline du système nerveux central (SNC).
Nous avons développé
une stratégie d'identification des gènes
en cause dans 3 sous-groupes cliniquement définis : les dysmyélinisations
de transmission récessive
autosomique , le syndrome
CACH (leucodystrophie démyélinisante aboutissant à
une disparition de la myéline du SNC) et le syndrome mégalencéphalie-leucodystrophie
cystique (une nouvelle entité avec surdité et cardiopathie).
Subvention : 120
000 FF (18 294 Euros)

Thème : Mécanismes
physiopathologiques.
Etude
de la myélinisation dans les conditions normales et physiopathologiques
chez des souris dont les gènes MOG et PLP ont été inactivés.
Dr Danielle Pham-Dinh
- CNRS URA 1488 - Institut des Neurosciences - Paris
Chez beaucoup de mutants
myéliniques, naturels ou génétiquement modifiés,
ce n'est pas uniquement la myéline qui est atteinte, mais en fait l'intégrité
de ce que l'on appelle "l'unité fonctionnelle axone/glie",
comme le montrent les atteintes axonales chez certains de ces mutants,
en particulier la souris PLP-/-, et dans certains types de leucodystrophies.
Une autre caractéristique de beaucoup de ces maladies est la
fréquence et l'importance des réactions inflammatoires
dirigées contre la myéline ou les cellules myélinisantes.
Afin d'approfondir nos connaissances
du rôle de certaines protéines de la myéline et de l'oligodendrocyte,
comme le PLP (protéolipide majeur) et la MOG (glycoprotéine
de la myéline et de l'oligodendrocyte), nous allons utiliser
des souris dont l'un et/ou l'autre des gènes correspondants ont été inactivés.
Ces études seront réalisées au cours de la myélinogénèse
normale par l'analyse du développement des oligodendrocytes et
du maintien de la structure de la myéline, et dans des conditions
physiopathologiques de démyélinisation et d'inflammation
induites chez nos souris dans le modèle d'Encéphalomyélite
Auto-immune Expérimentale (EAE).
Subvention
: 60 000 FF (9 147 Euros)

Thème : Mécanismes
physiopathologiques
ALD : études
in vitro et in vivo de la fonction de la protéine ALDP.
Dr Nathalie Cartier
& Dr Lang-Xia Liu - INSERM U342 - Hôpital St-Vincent de Paul
- Paris
L'adrénoleucodystrophie
(ALD) est une maladie démyélinisante du système
nerveux central (SNC) caractérisée par une accumulation
d'acides
gras à très longue chaîne (AGTLC). La protéine
ALDP, codée par le gène ALD, a un rôle dans l'activation de la
première enzyme (VLACS) qui dégrade les AGTLC dans les peroxysomes.
L'ALDP interagit par ailleurs avec deux autres protéines (PMP70
et ALDRP) appartenant à la même famille.
La première partie du
projet consiste à étudier les interactions de l'ALDP avec
la VLACS et à déterminer le rôle fonctionnel des
interactions avec PMP70 et ALDRP, ce qui pourrait aboutir à découvrir
de nouvelles pistes expliquant le processus de démyélinisation.
La deuxième partie du
projet vise, en utilisant des modèles animaux de souris transgéniques,
à :
- déterminer si la
surexpression de la protéine ALDP dans les oligodendrocytes pourrait avoir des effets délétères.
Ceci est important dans le cadre d'une approche de thérapie
génique visant à corriger les oligodendrocytes déficients
chez les patients ALD ;
- déterminer quel type
de cellules gliales (oligodendrocytes, astrocytes ou macrophages) est primitivement atteint dans
l'ALD ;
- déterminer si la
surexpression du gène ALDR dans les oligodendrocytes de souris
ALD pourrait corriger le phénotype biochimique. Ceci pourrait déboucher
sur de nouvelles possibilités thérapeutiques visant
à compenser l'absence de la protéine dans les oligodendrocytes
en y faisant surexprimer la protéine ALDP.
Subvention : 320
000 FF (48 784 Euros)

Thème : Mécanismes
physiopathologiques
Rôle du N-AcetylAspartylGlutamate
et du glutamate dans la physiopathologie de la maladie de Pelizaeus-Merzbacher
(PMD).
Dr Odile Boëspflug-Tanguy
- INSERM U384 - Faculté de Médecine - Clermont-Ferrand
La maladie
de Pelizaeus-Merzbacher (PMD) se caractérise par un trouble
précoce du développement dû à une anomalie
de la formation de la myéline du système nerveux central (SNC).
Il s'agit d'une maladie génétique de transmission récessive liée au chromosome X résultant d'une mutation du gène
des protéolipoprotéines. La sévérité
de la maladie est très variable d'une famille à l'autre,
corrélée au type de mutation et à la sévérité
de la mort des cellules responsables de la fabrication de la myéline
dans le SNC, les oligodendrocytes.
Nous avons pu mettre en évidence
un taux très élevé de N-acetylaspartylglutamate
(NAAG) dans le liquide céphalorachidien et les urines des malades
atteints de formes sévères de PMD. Le NAAG est retrouvé
uniquement dans le SNC et sa fonction est encore inconnue. Il est dégradé
au pourtour des terminaisons nerveuses en glutamate. Ce glutamate est
le principal composant excitateur de l'activité nerveuse dans
le cerveau mais il joue également un rôle important dans
la maturation des cellules du cerveau. Il a ainsi été
démontré qu'il permet la multiplication des cellules oligodendrocytes
immatures tout en bloquant leur maturation à un stade ultérieur.
Le taux de NAAG élevé ainsi que le glutamate, produit
de son catabolisme, pourraient donc jouer un rôle essentiel
dans le blocage de la maturation puis la mort des oligodendrocytes observées
dans la PMD.
Ce projet a pour but de tester
cette hypothèse en utilisant des cultures d'oligodendrocytes
à des stades variables de leur développement et en analysant
le cerveau des modèles souris de la PMD. Ces résultats
pourront permettre de mieux évaluer l'intérêt diagnostique
et pronostique du NAAG dans la PMD et de tester l'intérêt
thérapeutique potentiel de substances pharmacologiques capables
de moduler l'activité glutamatergique, utilisables en pathologie
humaine.
Subvention : 80 000
FF (12 196 Euros)

Thèmes : Mécanismes
physiopathologiques - Approches thérapeutiques
Pathogénèse
de l'ALD dans le SNC et implications pour une stratégie thérapeutique.
Pr Monique Dubois-Dalcq
& Mlle Valérie Feigenbaum - Institut Pasteur - Paris
L'adrénoleucodystrophie
(ALD) liée au chromosome X est une maladie caractérisée
par une accumulation d'acides gras à très longue chaîne (AGTLC)
et par une démyélinisation du système nerveux central
(disparition de la gaine de myéline nécessaire à la propagation
de l'influx nerveux).
Notre travail, soutenu par
ELA depuis 1996, nous a permis :
- d'étudier la pathogénèse
de mort cellulaire dans le cerveau de patients. En effet, dans ces
cerveaux les cellules meurent par mort cellulaire programmée
ou apoptose. Nous avons pu mettre en évidence que les cellules
désignées se situaient dans les régions démyélinisées
et que 20 % des oligodendrocytes étaient affectés.
- de transférer le
gène humain de l'ALD dans des oligodendrocytes
de souris déficientes en protéine ALDP (grâce à une collaboration
avec le Dr K. Nave à Heidelberg).
Il nous reste cependant à
vérifier que la correction génétique de ces cellules
permet d'y rétablir un taux normal d'acides gras à très
longue chaîne. Nous proposons aussi de faire un nouveau transfert
avec un nouveau vecteur, plus efficace dans notre système expérimental.
Enfin, nous projetons d'étudier l'effet peut-être toxique
des cellules microgliales sur les oligodendrocytes des souris déficientes
en protéine ALDP. Notre but à l'issue de ce projet est
d'étudier certains mécanismes de démyélinisation
dans l'ALD afin d'établir la base d'une stratégie thérapeutique
corrigeant l'aspect neurodégénératif de la maladie.
Subvention : 60 000
FF (9 147 Euros)

Thèmes : Aspects génétiques
et moléculaires - Mécanismes physiopathologiques
Analyse clinique,
neuropathologique, biochimique et moléculaire du syndrome CACH.
Dr Diana Rodriguez
- CNRS - UMR 7624 - Paris
Parmi les leucodystrophies
d'origine indéterminée, une nouvelle entité
a été récemment décrite sous le nom de syndrome
CACH. L'existence de cas familiaux suggère une transmission
génétique autosomique récessive. Le diagnostic repose actuellement uniquement
sur des critères cliniques et radiologiques en l'absence de marqueur
biochimique.
Le but de notre projet est
de comprendre les mécanismes et la cause de cette nouvelle maladie.
Pour cela, une approche pluridisciplinaire a débuté il
y a un an :
1/ Une étude clinique
: les résultats préliminaires de cette étude nous
ont permis :
* de savoir que le syndrome CACH représente environ 30 % des
leucodystrophies d'origine indéterminée (19 sur 62 à
l'hôpital Saint-Vincent de Paul) ;
* de mieux définir les critères diagnostiques ;
* de reconnaître différentes formes cliniques (notamment
évolutives).
Ce travail clinique est indispensable à l'étude génétique,
mais il nous permet également d'améliorer le traitement
symptomatique des patients et l'accompagnement des familles.
2/ Une étude neuropathologique
et biochimique : l'étude du tissu cérébral de deux
patients, prélevé en post-mortem, nous a permis de décrire
un aspect neuropathologique original confirmant l'existence de cette
nouvelle entité et d'échafauder des hypothèses
qui sont actuellement testées. D'autre part, l'analyse des liquides
biologiques (urine, sang et liquide céphalo-rachidien)
et des prélèvements de tissus des patients sera réalisée
à la recherche d'un marqueur biochimique qui faciliterait le
diagnostic et la recherche des gènes candidats.
3/ Une étude génétique
: le réseau collaboratif à l'échelon européen
et international a permis de prélever un grand nombre de familles
et de débuter une étude de liaison génétique.
Il reste cependant important d'augmenter encore le nombre de familles
prélevées pour augmenter les chances de réussite.
Le but final de ce projet est
d'identifier l'anomalie moléculaire responsable du syndrome CACH.
Cette étape est indispensable pour pouvoir proposer un diagnostic
de certitude aux patients atteints pour assurer le conseil
génétique et le diagnostic prénatal et pouvoir envisager
une approche thérapeutique spécifique.
Subvention : 120
000 FF (18 294 Euros)

Thème : Approches thérapeutiques
Obtention de cellules
précurseur du SNC de primate non-humain pour l'étude des thérapies
cellulaires et géniques destinées au traitement des leucodystrophies.
Dr Virginia Avellana-Adalid
- INSERM CFJ97-11 - Hôpital de la Salpêtrière - Paris
D'une part la découverte
récente des cellules souches du système nerveux central
(SNC) capables de se différencier en neurones, astrocytes et oligodendrocytes, et, d'autre part, les résultats
encourageants de la transplantation de cellules gliales capables de
générer une gaine de myéline, ouvrent aujourd'hui la perspective d'entreprendre
une stratégie de thérapie cellulaire et/ou génique
destinée à réparer des lésions de dys- ou
démyélinisation des maladies démyélinisantes
telles que les leucodystrophies, la sclérose en plaques ou celles
dues à des accidents toxiques ou traumatiques. Ces thérapies
impliquent la greffe des cellules nécessaires au remplacement
des cellules malades incapables d'assurer l'intégrité
de la gaine de myéline entourant les axones et/ou l'apport au
malade de gènes
qui pourraient combler le manque ou l'erreur héréditaire
empêchant les cellules de fonctionner normalement.
L'émergence de ces nouvelles
thérapies pour le traitement des leucodystrophies nécessite
l'utilisation de modèles animaux philogénétiquement
plus proches de l'Homme que ceux établis chez les rongeurs et
les chiens utilisés jusqu'à présent.
Nous nous proposons d'utiliser
un modèle de primate non-humain, le M. fascicularis, pour
déterminer les conditions nécessaires pour l'établissement
et l'amplification de cultures de cellules souches et/ou progénitrices
du lignage oligodendroglial à partir du SNC périnatal.
Ceci permettra d'obtenir des cellules en nombre suffisant pour réaliser
des greffes dans la souris shiverer et la souris jimpy,
modèle de la maladie
de Pelizaeus-Merzbacher (PMD). On pourra ainsi évaluer les
capacités des cellules de primate cultivées au laboratoire
de migrer et de se différencier en formant des gaines de myéline
normale. Les cellules seront également utilisées pour
l'exploration des stratégies de vectorisation des gènes
utiles pour palier aux déficiences héréditaires.
Ces travaux permettront, en
connaissant les conditions de culture nécessaires, d'isoler et
de cultiver au laboratoire des cellules d'origine humaine et d'initier
la recherche pré-clinique nécessaire à la mise
au point d'une thérapie chez l'Homme.
Subvention : 120
000 FF (18 294 Euros)

Thème : Approches thérapeutiques
Thérapie
génique de l'ALD : développement de vecteurs viraux pour l'introduction
du gène ALD ex vivo dans les cellules hématopoïétiques
et in vivo dans le SNC.
Dr Nathalie CARTIER
- INSERM U342 - Hôpital St-Vincent de Paul - Paris
L'adrénoleucodystrophie
(ALD) liée au chromosome X est une maladie neurodégénérative
caractérisée par une démyélinisation progressive
du système nerveux central. La greffe
allogénique de moelle osseuse est, aujourd'hui, la seule
thérapeutique ayant fait la preuve de son efficacité dans
les formes cérébrales de l'enfant, quand elle est effectuée
au début de la maladie. Elle n'est pas toujours possible, faute
de donneurs HLA identiques, et comporte un risque important de mortalité
(10 à 20 % suivant que le donneur est apparenté ou non).
Elle pourrait être efficace aussi dans les formes adultes d'ALD
(AMN) mais comporte un risque encore accru de mortalité (40 %).
Nous développons deux
stratégies de thérapie
génique visant à :
1/ introduire le gène de l'ALD dans les cellules souches hématopoïétiques
de patients ALD afin de leur proposer une autotransplantation de leurs
cellules génétiquement corrigées. Cette approche
réduirait pratiquement à zéro les risques de la
greffe de moelle osseuse. Nous avons récemment démontré
la faisabilité de cette approche en corrigeant in vitro
20 % des cellules souches hématopoïétiques de patients
ALD avec un vecteur rétroviral. Quoiqu'encouregeants, ces résultats
sont insuffisants pour envisager un essai clinique de phase I.
2/ à introduire le gène
ALD directement dans le cerveau de patients ALD. Les lésions
de démyélinisation de l'ALD débutent toujours dans
les mêmes régions du cerveau, suggérant que les
cellules gliales de ces régions sont particulièrement
sensibilisées par la mutation du gène ALD. Corriger spécifiquement
ces cellules pourrait empêcher que la maladie ne se développe.
Les buts de notre projet sont
:
1/ d'améliorer l'efficacité
de transfert du gène ALD dans les cellules souches hématopoïétiques
de patients ALD en développant de nouveaux vecteurs : vecteurs
biscitroniques permettant de conférer un avantage sélectif
aux cellules ALD corrigées, vecteurs AAV et vecteurs lentiviraux
qui devraient permettre de corriger plus efficacement les cellules souches
hématopoïétiques qui ne se divisent pas. Un seuil
de 70 % de correction devrait permettre d'envisager les premiers essais
cliniques de phase I.
2/ de tester, chez la souris
ALD, l'efficacité d'une approche de transfert direct du gène
ALD dans le cerveau en utilisant un vecteur AAV.
Subvention
: 120 000 FF (18 294 Euros)

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