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• Programmes de recherche financés par ELA France en 1999

A la suite de l'appel d'offres 1999, 14 programmes de recherche ont été retenus par le Conseil scientifique d'ELA et ont pu être financés grâce à l'argent de nos généreux donateurs que nous remerçions pour leur confiance et leur fidélité.

Aspects génétiques et moléculaires

1. Recherche de marqueurs précoces des oligodendrocytes.
2. Cartographie et clonage d'un gène de leucodystrophie sans cause.
3. Induction de différenciation gliale par le glide/gcm.
4. Transporteurs ABC peroxysomaux chez le champignon filamenteux Podospora Anserina.
5. Thérapie pharmacologique de l'X-ALD : analyse du promoteur du gène ALDR.
6. Réseau de recherche sur les leucodystrophies de cause indéterminée : étude clinique prospective et recherche des causes.

Aspects génétiques et moléculaires - Mécanismes physiopathologiques

7. Clonage positionnel du gène de leucoencéphalopathie vacuolisante.

Mécanismes physiopathologiques.

8. Etude de la myélinisation dans les conditions normales et physiopathologiques chez des souris dont les gènes MOG et PLP ont été inactivés.
9. ALD : études in vitro et in vivo de la fonction de la protéine ALDP.
10. Rôle du N-AcetylAspartylGlutamate et du glutamate dans la physiopathologie de la maladie de Pelizaeus-Merzbacher (PMD).

Mécanismes physiopathologiques - Approches thérapeutiques

11. Pathogénèse de l'ALD dans le SNC et implications pour une stratégie thérapeutique.
12. Analyse clinique, neuropathologique, biochimique et moléculaire du syndrome CACH.

Approches thérapeutiques

13. Obtention de cellules précurseur du SNC de primate non-humain pour l'étude des thérapies cellulaires et géniques destinées au traitement des leucodystrophies.
14. Thérapie génique de l'ALD : développement de vecteurs viraux pour l'introduction du gène ALD ex vivo dans les cellules hématopoïétiques et in vivo dans le SNC.

 

Thème : Aspects génétiques et moléculaires

Recherche de marqueurs précoces des oligodendrocytes.

Dr Philippe Cochard - UMR 5547 CNRS - Université Paul Sabatier - Toulouse

Dans le cerveau et la moelle épinière, la gaine de myéline des fibres nerveuses, structure indispensable au bon fonctionnement du système nerveux, est élaborée par des cellules particulières, appelées oligodendrocytes. Les diverses maladies génétiques regroupées sous le terme de leucodystrophies affectent la formation de cette gaine de myéline. Bien que dans certains cas on ait pu identifier les gènes défectueux chez les malades atteints de leucodystrophie, les causes réelles de l'absence de formation de la myéline sont encore mal connues. La mise en oeuvre de stratégies thérapeutiques permettant, à terme, de traiter ces situations pathologiques nécessitent une recherche fondamentale axée sur la compréhension des mécanismes biologiques qui contrôlent le développement des oligodendrocytes et leur fonctionnement. Ces mécanismes sont encore mal connus, en particulier en ce qui concerne les toutes premières étapes du développement des oligodendrocytes.

Nous avons débuté l'année dernière la recherche de nouveaux gènes exprimés par les oligodendrocytes très tôt au cours de leur développement, et nous avons pu isoler plusieurs gènes "candidats". A partir de ces résultats, le but de notre projet est double. Nous cherchons d'abord à savoir quels gènes sont réellement des "marqueurs" d'oligodendrocytes embryonnaires, ce qui nous permettra de pouvoir repérer facilement ces cellules au milieu des autres cellules embryonnaires participant à la formation du système nerveux. D'autre part, parmi ces molécules "marqueurs" exprimées très tôt, certaines doivent jouer un rôle majeur dans le programme de fabrication des oligodendrocytes. Nous cherchons donc à connaître leur fonction dans ce programme. Une meilleure compréhension de ces phénomènes précoces devrait permettre de mieux définir les étapes clés au cours desquelles un oligodendrocyte peut être atteint dans son intégrité et de définir des stratégies thérapeutiques visant à corriger ces déficits.

Subvention : 90 000 FF (13 720 Euros)




Thème : Aspects génétiques et moléculaires

Cartographie et clonage d'un gène de leucodystrophie sans cause.

Pr Benoît Arveiller & Cyril Goizet - Université Victor Segalen - Bordeaux

Depuis 10 ans, les progrès de la génétique ont permis des avancées spectaculaires dans l'identification et la compréhension des mécanismes moléculaires des leucodystrophies. Cependant, dans près de 30 % des cas, aucune anomalie n'a été trouvée par les moyens techniques actuels (biologiques, histologiques) ; ce qui fait classer ces leucodystrophies dans les formes dites "sans causes" ou "indéterminée". L'existence probable de causes multiples dans ces leucodystrophies indéterminées rend leur étude particulièrement délicate par les techniques de génétique habituellement utilisées pour la localisation de gène(s) impliqué(s) dans une maladie donnée.

Nous avons réussi à localiser un gène impliqué dans une leucodystrophie indéterminée sur le chromosome 11 grâce à la découverte d'un petit remaniement chromosomique (microdélétion) chez un jeune homme porteur à la fois d'une leucodystrophie indéterminée et d'un albinisme oculo-cutané. Il est maintenant nécessaire de déterminer les limites exactes de cette microdélétion avant de tenter une approche classique d'identification de gène. L'intérêt immédiat sera d'ordre diagnostique, avec la possibilité de rechercher des mutations de ce gène chez d'autres malades. A plus long terme, l'intérêt pourrait être thérapeutique grâce à une meilleure compréhension des mécanismes globaux de formation d'une leucodystrophie.

Subvention : 50 000 FF (7 622 Euros)




Thème : Aspects génétiques et moléculaires

Induction de différenciation gliale par le glide/gcm.

Dr Angela Giangrande - Institut de Génétique et de Biologie Moléculaire et Cellulaire (IGBMC) - Strasbourg

Les cellules gliales constituent le deuxième composant du système nerveux. Plusieurs pathologies sont associées à une gliogenèse défectueuse, due à une prolifération anormale ou à des défauts dans la différenciation gliale. Parmi ces pathologies il y a les leucodystrophies, des maladies génétiques hétérogènes affectant la myélinisation dans le système nerveux central (SNC).

Afin de développer de nouvelles thérapies pour les maladies démyélinisantes, il est nécessaire d'identifier les gènes induisant la différenciation gliale ainsi que les cellules précurseurs de la glie. En effet, seule une connaissance des mécanismes de base permettra la mise en place de protocoles ciblés de transplantation et/ou de thérapie génique.

Malgré les multiples rôles des cellules gliales dans le développement et le fonctionnement du système nerveux, les mécanismes de la gliogenèse sont encore méconnus. Pour cette raison, nous avons identifié et isolé le gène qui permet la différenciation des cellules gliales : le glide/gcm (glial cell deficient / glial cell missing). De manière très intéressante, ce gène, qui est spécifiquement exprimé dans les précurseurs des cellules gliales, est nécessaire et suffisant pour l'induction de la gliogenèse. Dans ce projet, nous proposons d'explorer le mode d'action de glide/gcm et d'identifier ses régulateurs.

Subvention : 120 000 FF (18 294 Euros)




Thème : Aspects génétiques et moléculaires.

Transporteurs ABC peroxysomaux chez le champignon filamenteux Podospora Anserina.

Dr Véronique Berteaux-Lecellier - CNRS UMR 8621 - Université Paris Sud

Certains aspects des maladies peroxysomales, en particulier l'adrénoleucodystrophie (ALD), restent mal compris. Cela tient vraisemblablement au fait que nos connaissances sur les peroxysomes et leurs ABC transporteurs sont encore incomplètes. Pour combler ces lacunes, des études fondamentales doivent être effectuées sur des systèmes modèles qui se prêtent à l'analyse génétique mais qui soient plus complexes que ne le sont les levures. Nos travaux sur le champignon filamenteux Podospora Anserina suggèrent que cet organisme est particulièrement approprié pour de telles études. L'absence de peroxysome (due à une mutation dans le gène PEX2, syndrome de Zellweger chez l'Homme) entraîne un défaut de différenciation cellulaire chez Podospora. L'expression du cDNA humain codant le transporteur ABC peroxysomal PMP70 y restaure à la fois la présence de peroxysomes et la différenciation. L'homologue du gène ALD humain a été cloné : la protéine de Podospora et celle de l'Homme montrent 40 % d'identité. Nous nous proposons de cloner tous les gènes de Podospora codant les transporteurs ABC peroxysomaux, d'observer l'effet de leur surexpression sur les mutants PEX2 et d'analyser les conséquences de leurs délétions sur la physiologie et le développement du champignon. Nous espérons ainsi contribuer à une meilleure compréhension des peroxysomes et des maladies peroxysomales chez l'Homme.

Subvention : 60 000 FF (9 147 Euros)




Thème : Aspects génétiques et moléculaires

Thérapie pharmacologique de l'X-ALD : analyse du promoteur du gène ALDR.

Pr Maurice Bugaut & Stéphane Fourcade - LBMC - Faculté des Sciences Gabriel - Dijon

L'adrénoleucodystrophie (X-ALD) est une maladie génétique liée au chromosome X qui frappe 1 enfant mâle sur 20 000 et qui est due à des mutations dans le gène ALD. L'X-ALD est caractérisée par une dégénérescence cérébrale progressive et, sur le plan biochimique, à une accumulation d'acides gras à très longue chaîne (AGTLC). La gravité des symptômes cliniques est très variable, ce qui fait supposer l'implication d'un second gène. Un gène très homologue (ALDR) a été récemment identifié. Une des hypothèses veut que les protéines produites, ALD et ALDR, forment un hétérodimère fonctionnel capable de transporter les AGTLC abondants dans la myéline. On a montré récemment que dans des fibroblastes de patients X-ALD, une production élevée de la protéine ALDR peut suppléer à la déficience de la protéine ALD.

Le but du travail est de comprendre comment l'expression du gène ALDR est régulée afin de trouver des médicaments capables d'augmenter la production cellulaire de la protéine ALDR (thérapie pharmacologique de l'X-ALD).

Subvention : 70 000 FF (10 672 Euros)




Thèmes : Aspects génétiques et moléculaires - Mécanismes physiopathologiques

Clonage positionnel du gène de leucoencéphalopathie vacuolisante.

Pr Eric Séboun - Centre National de Génotypage - Evry

Les leucodystrophies forment un groupe de maladies cliniquement et génétiquement hétérogènes. Nous venons de localiser le gène responsable du syndrome mégalencéphalie-leucodystrophie cystique sur le chromosome 22qter dans un intervalle de 3 cM (article soumis en mai 1999) sur un groupe de 13 familles Turques par une analyse systématique des différentes régions chromosomiques. De plus, nous avons montré que les deux manifestations décrites de cette pathologie sont liées au même locus génétique.

Cette étude a été menée en collaboration avec les équipes de génétique (Dr Meral Ozguc) et de neuropédiatrie (Dr Meral Topçu) de l'hôpital universitaire Hacettepe d'Ankara (Turquie). Elle s'inscrit dans le prolongement du projet intitulé "stratégie de localisation des gènes en cause dans les leucodystrophies de cause indéterminée" mené par le Dr Odile Boëspflug-Tanguy et soutenu en 1998 par ELA.

Les objectifs de ce projet sont :
1. l'identification du gène responsable de cette pathologie,
2. la compréhension du mécanisme physiopathologique.

Subvention : 60 000 FF (9 147 Euros)




Thème : Aspects génétiques et moléculaires

Réseau de recherche sur les leucodystrophies de cause indéterminée : étude clinique prospective et recherche des causes.

Dr Odile Boëspflug-Tanguy - INSERM U384 - Faculté de Médecine - Clermont-Ferrand

Les leucodystrophies de cause indéterminée représentent un groupe très hétérogène d'affections. La mise en place d'une étude multicentrique prospective de ces affections a permis l'identification de sous-groupes homogènes, définis par l'association des éléments cliniques, électrophysiologiques et neuroradiologiques. Parmi les 310 familles collectées, 235 présentent un tableau "hypo-" ou "dysmélinisant" évoquant un trouble de la mise en place de la myélinisation, et 75 un tableau "démyélinisant" consécutif à un processus dégénératif plus ou moins rapide de la myéline du système nerveux central (SNC).

Nous avons développé une stratégie d'identification des gènes en cause dans 3 sous-groupes cliniquement définis : les dysmyélinisations de transmission récessive autosomique , le syndrome CACH (leucodystrophie démyélinisante aboutissant à une disparition de la myéline du SNC) et le syndrome mégalencéphalie-leucodystrophie cystique (une nouvelle entité avec surdité et cardiopathie).

Subvention : 120 000 FF (18 294 Euros)




Thème : Mécanismes physiopathologiques.

Etude de la myélinisation dans les conditions normales et physiopathologiques chez des souris dont les gènes MOG et PLP ont été inactivés.

Dr Danielle Pham-Dinh - CNRS URA 1488 - Institut des Neurosciences - Paris

Chez beaucoup de mutants myéliniques, naturels ou génétiquement modifiés, ce n'est pas uniquement la myéline qui est atteinte, mais en fait l'intégrité de ce que l'on appelle "l'unité fonctionnelle axone/glie", comme le montrent les atteintes axonales chez certains de ces mutants, en particulier la souris PLP-/-, et dans certains types de leucodystrophies. Une autre caractéristique de beaucoup de ces maladies est la fréquence et l'importance des réactions inflammatoires dirigées contre la myéline ou les cellules myélinisantes.

Afin d'approfondir nos connaissances du rôle de certaines protéines de la myéline et de l'oligodendrocyte, comme le PLP (protéolipide majeur) et la MOG (glycoprotéine de la myéline et de l'oligodendrocyte), nous allons utiliser des souris dont l'un et/ou l'autre des gènes correspondants ont été inactivés. Ces études seront réalisées au cours de la myélinogénèse normale par l'analyse du développement des oligodendrocytes et du maintien de la structure de la myéline, et dans des conditions physiopathologiques de démyélinisation et d'inflammation induites chez nos souris dans le modèle d'Encéphalomyélite Auto-immune Expérimentale (EAE).

Subvention : 60 000 FF (9 147 Euros)




Thème : Mécanismes physiopathologiques

ALD : études in vitro et in vivo de la fonction de la protéine ALDP.

Dr Nathalie Cartier & Dr Lang-Xia Liu - INSERM U342 - Hôpital St-Vincent de Paul - Paris

L'adrénoleucodystrophie (ALD) est une maladie démyélinisante du système nerveux central (SNC) caractérisée par une accumulation d'acides gras à très longue chaîne (AGTLC). La protéine ALDP, codée par le gène ALD, a un rôle dans l'activation de la première enzyme (VLACS) qui dégrade les AGTLC dans les peroxysomes. L'ALDP interagit par ailleurs avec deux autres protéines (PMP70 et ALDRP) appartenant à la même famille.

La première partie du projet consiste à étudier les interactions de l'ALDP avec la VLACS et à déterminer le rôle fonctionnel des interactions avec PMP70 et ALDRP, ce qui pourrait aboutir à découvrir de nouvelles pistes expliquant le processus de démyélinisation.

La deuxième partie du projet vise, en utilisant des modèles animaux de souris transgéniques, à :

  1. déterminer si la surexpression de la protéine ALDP dans les oligodendrocytes pourrait avoir des effets délétères. Ceci est important dans le cadre d'une approche de thérapie génique visant à corriger les oligodendrocytes déficients chez les patients ALD ;
  2. déterminer quel type de cellules gliales (oligodendrocytes, astrocytes ou macrophages) est primitivement atteint dans l'ALD ;
  3. déterminer si la surexpression du gène ALDR dans les oligodendrocytes de souris ALD pourrait corriger le phénotype biochimique. Ceci pourrait déboucher sur de nouvelles possibilités thérapeutiques visant à compenser l'absence de la protéine dans les oligodendrocytes en y faisant surexprimer la protéine ALDP.

Subvention : 320 000 FF (48 784 Euros)




Thème : Mécanismes physiopathologiques

Rôle du N-AcetylAspartylGlutamate et du glutamate dans la physiopathologie de la maladie de Pelizaeus-Merzbacher (PMD).

Dr Odile Boëspflug-Tanguy - INSERM U384 - Faculté de Médecine - Clermont-Ferrand

La maladie de Pelizaeus-Merzbacher (PMD) se caractérise par un trouble précoce du développement dû à une anomalie de la formation de la myéline du système nerveux central (SNC). Il s'agit d'une maladie génétique de transmission récessive liée au chromosome X résultant d'une mutation du gène des protéolipoprotéines. La sévérité de la maladie est très variable d'une famille à l'autre, corrélée au type de mutation et à la sévérité de la mort des cellules responsables de la fabrication de la myéline dans le SNC, les oligodendrocytes.

Nous avons pu mettre en évidence un taux très élevé de N-acetylaspartylglutamate (NAAG) dans le liquide céphalorachidien et les urines des malades atteints de formes sévères de PMD. Le NAAG est retrouvé uniquement dans le SNC et sa fonction est encore inconnue. Il est dégradé au pourtour des terminaisons nerveuses en glutamate. Ce glutamate est le principal composant excitateur de l'activité nerveuse dans le cerveau mais il joue également un rôle important dans la maturation des cellules du cerveau. Il a ainsi été démontré qu'il permet la multiplication des cellules oligodendrocytes immatures tout en bloquant leur maturation à un stade ultérieur. Le taux de NAAG élevé ainsi que le glutamate, produit de son catabolisme, pourraient donc jouer un rôle essentiel dans le blocage de la maturation puis la mort des oligodendrocytes observées dans la PMD.

Ce projet a pour but de tester cette hypothèse en utilisant des cultures d'oligodendrocytes à des stades variables de leur développement et en analysant le cerveau des modèles souris de la PMD. Ces résultats pourront permettre de mieux évaluer l'intérêt diagnostique et pronostique du NAAG dans la PMD et de tester l'intérêt thérapeutique potentiel de substances pharmacologiques capables de moduler l'activité glutamatergique, utilisables en pathologie humaine.

Subvention : 80 000 FF (12 196 Euros)




Thèmes : Mécanismes physiopathologiques - Approches thérapeutiques

Pathogénèse de l'ALD dans le SNC et implications pour une stratégie thérapeutique.

Pr Monique Dubois-Dalcq & Mlle Valérie Feigenbaum - Institut Pasteur - Paris

L'adrénoleucodystrophie (ALD) liée au chromosome X est une maladie caractérisée par une accumulation d'acides gras à très longue chaîne (AGTLC) et par une démyélinisation du système nerveux central (disparition de la gaine de myéline nécessaire à la propagation de l'influx nerveux).

Notre travail, soutenu par ELA depuis 1996, nous a permis :

  1. d'étudier la pathogénèse de mort cellulaire dans le cerveau de patients. En effet, dans ces cerveaux les cellules meurent par mort cellulaire programmée ou apoptose. Nous avons pu mettre en évidence que les cellules désignées se situaient dans les régions démyélinisées et que 20 % des oligodendrocytes étaient affectés.
  2. de transférer le gène humain de l'ALD dans des oligodendrocytes de souris déficientes en protéine ALDP (grâce à une collaboration avec le Dr K. Nave à Heidelberg).

Il nous reste cependant à vérifier que la correction génétique de ces cellules permet d'y rétablir un taux normal d'acides gras à très longue chaîne. Nous proposons aussi de faire un nouveau transfert avec un nouveau vecteur, plus efficace dans notre système expérimental. Enfin, nous projetons d'étudier l'effet peut-être toxique des cellules microgliales sur les oligodendrocytes des souris déficientes en protéine ALDP. Notre but à l'issue de ce projet est d'étudier certains mécanismes de démyélinisation dans l'ALD afin d'établir la base d'une stratégie thérapeutique corrigeant l'aspect neurodégénératif de la maladie.

Subvention : 60 000 FF (9 147 Euros)




Thèmes : Aspects génétiques et moléculaires - Mécanismes physiopathologiques

Analyse clinique, neuropathologique, biochimique et moléculaire du syndrome CACH.

Dr Diana Rodriguez - CNRS - UMR 7624 - Paris

Parmi les leucodystrophies d'origine indéterminée, une nouvelle entité a été récemment décrite sous le nom de syndrome CACH. L'existence de cas familiaux suggère une transmission génétique autosomique récessive. Le diagnostic repose actuellement uniquement sur des critères cliniques et radiologiques en l'absence de marqueur biochimique.

Le but de notre projet est de comprendre les mécanismes et la cause de cette nouvelle maladie. Pour cela, une approche pluridisciplinaire a débuté il y a un an :

1/ Une étude clinique : les résultats préliminaires de cette étude nous ont permis :
* de savoir que le syndrome CACH représente environ 30 % des leucodystrophies d'origine indéterminée (19 sur 62 à l'hôpital Saint-Vincent de Paul) ;
* de mieux définir les critères diagnostiques ;
* de reconnaître différentes formes cliniques (notamment évolutives).
Ce travail clinique est indispensable à l'étude génétique, mais il nous permet également d'améliorer le traitement symptomatique des patients et l'accompagnement des familles.

2/ Une étude neuropathologique et biochimique : l'étude du tissu cérébral de deux patients, prélevé en post-mortem, nous a permis de décrire un aspect neuropathologique original confirmant l'existence de cette nouvelle entité et d'échafauder des hypothèses qui sont actuellement testées. D'autre part, l'analyse des liquides biologiques (urine, sang et liquide céphalo-rachidien) et des prélèvements de tissus des patients sera réalisée à la recherche d'un marqueur biochimique qui faciliterait le diagnostic et la recherche des gènes candidats.

3/ Une étude génétique : le réseau collaboratif à l'échelon européen et international a permis de prélever un grand nombre de familles et de débuter une étude de liaison génétique. Il reste cependant important d'augmenter encore le nombre de familles prélevées pour augmenter les chances de réussite.

Le but final de ce projet est d'identifier l'anomalie moléculaire responsable du syndrome CACH. Cette étape est indispensable pour pouvoir proposer un diagnostic de certitude aux patients atteints pour assurer le conseil génétique et le diagnostic prénatal et pouvoir envisager une approche thérapeutique spécifique.

Subvention : 120 000 FF (18 294 Euros)




Thème : Approches thérapeutiques

Obtention de cellules précurseur du SNC de primate non-humain pour l'étude des thérapies cellulaires et géniques destinées au traitement des leucodystrophies.

Dr Virginia Avellana-Adalid - INSERM CFJ97-11 - Hôpital de la Salpêtrière - Paris

D'une part la découverte récente des cellules souches du système nerveux central (SNC) capables de se différencier en neurones, astrocytes et oligodendrocytes, et, d'autre part, les résultats encourageants de la transplantation de cellules gliales capables de générer une gaine de myéline, ouvrent aujourd'hui la perspective d'entreprendre une stratégie de thérapie cellulaire et/ou génique destinée à réparer des lésions de dys- ou démyélinisation des maladies démyélinisantes telles que les leucodystrophies, la sclérose en plaques ou celles dues à des accidents toxiques ou traumatiques. Ces thérapies impliquent la greffe des cellules nécessaires au remplacement des cellules malades incapables d'assurer l'intégrité de la gaine de myéline entourant les axones et/ou l'apport au malade de gènes qui pourraient combler le manque ou l'erreur héréditaire empêchant les cellules de fonctionner normalement.

L'émergence de ces nouvelles thérapies pour le traitement des leucodystrophies nécessite l'utilisation de modèles animaux philogénétiquement plus proches de l'Homme que ceux établis chez les rongeurs et les chiens utilisés jusqu'à présent.

Nous nous proposons d'utiliser un modèle de primate non-humain, le M. fascicularis, pour déterminer les conditions nécessaires pour l'établissement et l'amplification de cultures de cellules souches et/ou progénitrices du lignage oligodendroglial à partir du SNC périnatal. Ceci permettra d'obtenir des cellules en nombre suffisant pour réaliser des greffes dans la souris shiverer et la souris jimpy, modèle de la maladie de Pelizaeus-Merzbacher (PMD). On pourra ainsi évaluer les capacités des cellules de primate cultivées au laboratoire de migrer et de se différencier en formant des gaines de myéline normale. Les cellules seront également utilisées pour l'exploration des stratégies de vectorisation des gènes utiles pour palier aux déficiences héréditaires.

Ces travaux permettront, en connaissant les conditions de culture nécessaires, d'isoler et de cultiver au laboratoire des cellules d'origine humaine et d'initier la recherche pré-clinique nécessaire à la mise au point d'une thérapie chez l'Homme.

Subvention : 120 000 FF (18 294 Euros)




Thème : Approches thérapeutiques

Thérapie génique de l'ALD : développement de vecteurs viraux pour l'introduction du gène ALD ex vivo dans les cellules hématopoïétiques et in vivo dans le SNC.

Dr Nathalie CARTIER - INSERM U342 - Hôpital St-Vincent de Paul - Paris

L'adrénoleucodystrophie (ALD) liée au chromosome X est une maladie neurodégénérative caractérisée par une démyélinisation progressive du système nerveux central. La greffe allogénique de moelle osseuse est, aujourd'hui, la seule thérapeutique ayant fait la preuve de son efficacité dans les formes cérébrales de l'enfant, quand elle est effectuée au début de la maladie. Elle n'est pas toujours possible, faute de donneurs HLA identiques, et comporte un risque important de mortalité (10 à 20 % suivant que le donneur est apparenté ou non). Elle pourrait être efficace aussi dans les formes adultes d'ALD (AMN) mais comporte un risque encore accru de mortalité (40 %).

Nous développons deux stratégies de thérapie génique visant à :

1/ introduire le gène de l'ALD dans les cellules souches hématopoïétiques de patients ALD afin de leur proposer une autotransplantation de leurs cellules génétiquement corrigées. Cette approche réduirait pratiquement à zéro les risques de la greffe de moelle osseuse. Nous avons récemment démontré la faisabilité de cette approche en corrigeant in vitro 20 % des cellules souches hématopoïétiques de patients ALD avec un vecteur rétroviral. Quoiqu'encouregeants, ces résultats sont insuffisants pour envisager un essai clinique de phase I.

2/ à introduire le gène ALD directement dans le cerveau de patients ALD. Les lésions de démyélinisation de l'ALD débutent toujours dans les mêmes régions du cerveau, suggérant que les cellules gliales de ces régions sont particulièrement sensibilisées par la mutation du gène ALD. Corriger spécifiquement ces cellules pourrait empêcher que la maladie ne se développe.

Les buts de notre projet sont :

1/ d'améliorer l'efficacité de transfert du gène ALD dans les cellules souches hématopoïétiques de patients ALD en développant de nouveaux vecteurs : vecteurs biscitroniques permettant de conférer un avantage sélectif aux cellules ALD corrigées, vecteurs AAV et vecteurs lentiviraux qui devraient permettre de corriger plus efficacement les cellules souches hématopoïétiques qui ne se divisent pas. Un seuil de 70 % de correction devrait permettre d'envisager les premiers essais cliniques de phase I.

2/ de tester, chez la souris ALD, l'efficacité d'une approche de transfert direct du gène ALD dans le cerveau en utilisant un vecteur AAV.

Subvention : 120 000 FF (18 294 Euros)