Le 9 septembre 2005
A l'attention de : Tous les sympathisants du Projet Myéline
De la part de : Augusto Odone
Nous voudrions vous faire part tout d'abord de nos excuses pour le retard et la taille réduite du présent rapport sur l'état d'avancement, qui sont consécutifs à la maladie de notre Président et à des ajustements au sein du personnel travaillant au siège du Projet Myéline. En dépit de ces événements défavorables, nous sommes néanmoins heureux de pouvoir publier ce rapport avant que l'été touche à sa fin. En particulier, nous sommes ravis de pouvoir rendre compte des résultats importants de recherches, soutenues en partie par le Projet Myéline, et qui ont été publiés cet été dans les journaux principaux de recherche biomédicale.
Nous voudrions également mentionner que, sur demande de plusieurs membres de notre groupe de travail, la 16ème Réunion annuelle du Projet Myéline a été repoussée à une date ultérieure au cours de l'année 2006.
Recherche
La recherche co-soutenue par le Projet Myéline a conduit à des publications récentes dans des journaux qui sont parmi les plus lus et les plus recherchés des chercheurs scientifiques pour leurs publications. Nous présentons ci-après les points principaux et les implications des résultats récemment publiés.
Huile de Lorenzo et adrénoleucodystrophie
Un rapport du Dr. Hugo Moser et de ses collègues publié dans le numéro de juillet 2005 The Archives of Neurology, décrit une étude complémentaire de 89 patients atteints d'adrénoleucodystrophie (ALD). L'étude, qui a nécessité une durée de treize ans, fournit les premiers résultats cliniques examinés par des pairs sur l'efficacité de l'huile de Lorenzo (LO) pour empêcher le développement des symptômes sur des garçons atteints d'ALD à qui l'huile avait été administrée avant qu'ils n'atteignent l'âge de 7 ans.
Comme nous l'avons décrit dans les rapports précédents, un aspect distinctif de l'ALD est l'accumulation anormale de molécules grasses dans des corps entourés d'une membrane et existant à l'état naturel à l'intérieur des cellules, connus sous le nom de peroxisomes. L'anomalie génétique à l'origine de l'ALD perturbe la fonction normale d'une protéine spécifique située sur les membranes des peroxisomes, provoquant de ce fait une perturbation du métabolisme des graisses intracellulaires et conduisant finalement à la démyélinisation des nerfs.
Une classe spécifique de molécules grasses anormalement accumulées dans l'ALD comporte des acides gras à très longue chaîne (VLCFA), et la présence de VLCFA dans le plasma sanguin permet au clinicien de détecter la maladie de façon biochimique. Sur la base de la découverte des niveaux élevés de VLCFA dans l'ALD, les parents de Lorenzo Odone ont fait l'hypothèse il y a un peu plus de deux décennies que l'administration d'une huile contenant le VLCFA connu sous le nom d'acide érucique pourrait interférer avec les processus métaboliques anormaux qui sont à l'origine de la maladie.
En l'absence de données cliniques évaluées par des pairs sur l'efficacité de la LO, le traitement admis pour l'ALD, en particulier la forme de la maladie évoluant rapidement, a été limité à une approche double. La première tactique consiste à traiter l'insuffisance rénale par un remplacement des hormones et à limiter l'ingestion de graisses dans l'alimentation, une source de matières métaboliques conduisant à la production de VLCFA dans le corps. La deuxième tactique est la transplantation de cellules souches hématopoïétiques (HSCT), une thérapie qui demeure limitée sur deux aspects au moins. D'une part l'ALD peut se produire dans un certain nombre de manifestations ou phénotypes, et il n'est pas possible de prévoir à l'avance, même au sein d'une même famille, si un individu donné fera partie de ce nombre de patients significatif pouvant survivre normalement sans intervention de HSCT. En second lieu, l'HSCT peut réellement aggraver la progression de la maladie lorsqu'elle est effectuée après une dégénérescence neurologique appréciable. L'efficacité de la méthode est ainsi encadrée dans un nombre défini de possibilités.
Le rapport de juillet du Dr. Moser et de collègues fournit à présent des données qui caractérisent mieux les caractéristiques biochimiques de début de la maladie et évalue mieux la réaction du développement des symptômes d'ALD à LO. Les manifestations cliniques chez les 89 participants de l'étude ont été suivies sur le plan biochimique par la détection dans le plasma sanguin d'un VLCFA spécifique contenant vingt-six atomes de carbone et dépourvu de doubles liaisons (donc noté C26: 0). En outre, les chercheurs ont suivi la progression de l'ALD par examen radiologique (IRM) et neurologique des patients. De cette façon, les chercheurs ont pu établir une corrélation entre la quantité de C26:0 dans le plasma et la progression de la maladie. La fiabilité statistique de cette corrélation, détaillée pour la première fois dans l'étude, est une étape importante dans la recherche sur l'ALD.
L'ALD se présentant sous plusieurs formes phénotypiques, les cliniciens et les chercheurs doivent faire attention à bien peser les résultats de tout traitement potentiel dans le contexte d'évolutions multiples pouvant caractériser la maladie. Néanmoins, les résultats de Moser et de ses collègues obtenus sur les 89 patients qui étaient asymptomatiques au début de leur analyse, représentent des progrès importants, indiquant que les réductions de C26:0 du plasma, qui s'avèrent pratiques pour l'administration de la LO, peuvent réduire de manière significative le risque de progression de l'ALD.
Compte tenu du faible risque d'effets secondaires accompagnant le traitement par la LO, et à la lumière des résultats favorables obtenus dans leur présente étude, Moser et ses collègues affirment que LO devrait devenir un élément standard du traitement de l'ALD et, en particulier, que la LO devrait être administrée aux patients asymptomatiques qui sont clairement en danger. Les auteurs prennent soin de préciser que les critères du traitement précédemment établis ne doivent en aucun cas être abandonnés. La LO doit plutôt être considérée comme une option soutenue cliniquement. Les auteurs indiquent également que l'efficacité de la LO dans les formes d'ALD autres que la forme cérébrale précoce et à évolution rapide seront étudiée. Comme nous l'avons rapporté précédemment, le Projet Myéline suit les recherches portant sur l'applicabilité de la LO à l'adrénoleucodystrophie (AMN).
En plus du rapport de recherche apparaissant dans le numéro de juillet de The Archives of Neurology, un autre article de recherche contenu dans la même livraison décrit les résultats comme "remarquables."
Transplantation des cellules souches dans les maladies démyélinisantes
Le numéro de juillet a publié également les études du Dr. Gianvito Martino et de ses collègues parues dans la revue Nature, l'une des revues les plus célèbres dans le domaine des sciences naturelles. La publication du groupe évalue l'utilisation des cellules souches neurales adultes pour traiter l'inflammation chronique du système nerveux central. Les processus inflammatoires visés par la méthode sont typiques des scléroses en plaques (SP), des tumeurs du cerveau et des accidents vasculaires.
Comme nous l'avons abordé dans les rapports précédents sur l'état d'avancement, un modèle expérimental reproduisant les aspects de la sclérose en plaque humaine peut être produit en injectant sur des souris un segment d'une protéine qui est proéminente dans les membranes de myéline. La condition qui en résulte est un syndrome cyclique d'inflammation du système nerveux central dans lequel le cerveau et la moelle épinière de la souris sont attaquées par son propre système immunitaire (c'est le cas de l'encéphalomyélite) ; le modèle de la souris s'appelle "l'encéphalomyélite auto-immune expérimentale" (EAE). Les conséquences à long terme de l'EAE incluent la démyélinisation et la perte axonale (dégénération des neurones). Dans leur article de Nature, Martino et ses collègues révèlent certaines des molécules biologiques impliquées dans les processus d'EAE, et plus encore montrent que ces processus peuvent être atténués en laboratoire par la transplantation de cellules souches neurales.
Le fait que des cellules "souches" existent dans le système nerveux central qui demeurent indifférenciées (c'est-à-dire, qu'elles n'ont pas pris, même chez l'adulte, les caractéristiques des cellules soutenant typiquement le fonctionnement continu de l'organe) est actuellement considéré comme une source inexploitée de potentiel thérapeutique. En particulier, les chercheurs du monde entier tentent de déterminer si les cellules souches peuvent être manipulées, par transplantation dans le tissu malade, par exemple pour améliorer ou reconstituer la fonction de l'organe.
L'article publié dans la revue Nature rapporte que des cellules souches dérivées de cerveaux de souris adultes et développées en culture ont été injectées dans la queue des animaux avec EAE. Les chercheurs ont vérifié que les cellules injectées avaient voyagé dans le cerveau des souris, et fait remarquable, que les symptômes EAE présentés par les animaux avaient été sensiblement améliorés. Le résultat le plus impressionnant de la transplantation de cellules souches était la diminution marquée des taux de rechute, de la démyélinisation et de la dégénérescence des neurones.
Les travaux publiés dans Nature, non seulement tracent la voie d'une thérapie possible pour les troubles neurodégénératifs humains, mais ils indiquent également comment des cellules souches sont guidées vers les zones du cerveau qui subissent la maladie inflammatoire. Spécifiquement, les cellules souches injectées interagissent avec les mêmes types de molécules qui permettent à certaines cellules immunisées de s'ancrer dans les tissus cérébraux en provoquant l'inflammation et la maladie. De cette façon, les cellules souches visent la source même de l'inflammation et entraînent la mort des cellules impliquées dans les symptômes de type SP de l'EAE. Curieusement, il apparaît que les cellules souches conservent pour l'essentiel leur nature indifférenciée, ce qui peut être important pour combattre les états chroniques et de rechute, comme ceux apparaissant dans les SP.
Remerciements
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Nous tenons à remercier tous ceux qui nous ont aidés pendant le deuxième semestre de cette année et dont la liste serait trop longue à énumérer. Parmi eux, nous voudrions néanmoins mentionner certaines personnes qui ont fait preuve d'une grande générosité et dont les actions nous ont été particulièrement utiles, ainsi que toutes les écoles qui ont organisé des collectes de fonds pour sensibiliser le public au problème de la myéline :
Carole Flynn; The Penates Foundation; The PMD Foundation; The Modestus Bauer Foundation; Larry & Patti Chapman; Armin & Esther Hirsch Foundation; Luke Hardy; Stuart F. Smith (via Porter Gould); Jack & Jean Kelley; Simmer of Canton, LLC; John & Hoby Brenner of Cutting Edge Supply; Ms. Jennifer Wolfe & Bound Brook High School (Bound Brook, NJ); Michelle Mathews (Branford High School, Branford, CT); Michael & Cindy Stanton; Benjamin V. & Linda L. Lambert Fund & The New York Community Trust; James & Diane Stark; Ms. Dawidoff, Kelly Baltazar & the Chapin School, Class of 2010 ( New York, NY); Mrs. Dorothy Curylo; Daviess County High School (Owensboro, KY); Matthew Trowbridge; Crystal Steliga & North Attleboro High School (North Attleboro, MA); Allison Tucker & Tiftarea Academy (Tifton, GA); Jayme R. Taylor & McDowell Intermediate High School (Erie, PA); Glenda Gruno-Krebs & Rockford High School (Rockford, MI); Lois A. Peterson & Albany High School (Albany, CA); Rebecca Gilbert & Port Huron High School (Port Huron, MI); Lindsay Clark; Billy A. Bowen & Titusville High School (Titusville, FL); Betsy Uhing & Grand Island Senior High School (Grand Island, NE); Ms. Rachel Sparks & Northview High School (Brazil, IN); Mary Eldredge-Sandbo (Des Lacs-Burlington High School); Ms. Rebecca Portner-Hurley & Catoctin High School (Thurmont, MD); Heather Soja & Asheboro High School (Asheboro, NC); Lisa Morgan & Saddleback High School (Santa Ana, CA); Ann Cortina & West High School (Torrance, CA); Joe Kaufman & Stephenson High School (Stephenson, MI); Kate Hall, John Yacopucci, Brian McGinn & Hillsboro-Deering High School (Hillsboro, NH); Jennifer Darby & Orion High School (Grandville, MI); Sandra Osaer & Troy Athens High School (Troy, MI); Marie Bigler & Canton South High School (Canton, OH); Christina Pryor & Kenton Ridge High School (Springfield, OH); Deb Neff & Troy High School (Troy, OH); Chris Brock & Apache Junction High School (Apache Junction, AZ); Andrea Anderson & La Follette High School (Madison, WI); Nicole Hedinger & Long Branch High School (Long Branch, NJ); Caroline Beckette & Sheffield Middle School (Sheffield Lake, OH); Ms. Martha C. Adams & St. Brendan High School (Miami, FL); Betty Jo Breakiron & Mt. Pleasant Area School District (Mt. Pleasant, PA); Ken Bingman & Blue Valley West High School (Overland Park, KS); Chirichan Tasant, Teresa Ferris & Los Altos High School (Hacienda Heights, CA); Karen Fleming & Northwood School; Samantha Pou, Kristen Zamietra & Hershey High School (Hershey, PA); Myron Blosser & Eastern Mennonite High School (Harrisonbeurg, VA); Tina Petrosemolo, Judy Cumbia & the Pre-Med Club of St. John Vianney High School (Holmdel, NJ); Irene Ornovitz & Jonathan Dayton High School (Springfield, NJ); California Academy of Math & Science (Carson, CA); Beth Muffler & Fremont Ross High School (Fremont, OH); and Dr. Harry Smith.