Thérapie génique : une grande première
qui renforce l’espoir des parents de l’association ELA
Annoncée au Congrès Européen de Thérapie Génique à Rotterdam le 28 octobre 2007, cette avancée médicale et scientifique majeure, réalisée par le Dr Nathalie Cartier-Lacave et le Pr Patrick Aubourg, responsable de l’unité de Neurologie Pédiatrique et directeur de l’unité Inserm U 745 à l’hôpital Saint Vincent de Paul ( Paris), est une première mondiale.
lire le communiqué de presse du 28/10/2007
lire le communiqué de presse du 31/10/2007
lire l'article du Figaro du 29 octobre ici
lire l'article du Monde du 29 octobre ici
La Thérapie Génique de l’Adrénoleucodystrophie : c’est la première fois
Cette thérapie génique est tentée pour la première fois dans l’adrénoleucodystrophie, (ALD), une maladie génétique liée au chromosome X. L'ALD se traduit par la destruction de la myéline (enveloppe des nerfs) du cerveau et de la moelle épinière. Toutes les fonctions vitales peuvent être affectées.
L’ALD est la forme de leucodystrophie la plus courante. Elle touche près de 30 % des cas recensés par l’association ELA - soit environ 35 nouveaux cas par an en France - et est à l’origine de la création de l’association.
Ces maladies sont sorties de l’ombre grâce à l’action d'ELA. C’est lors d’une rencontre entre un parent, Guy Alba, et Patrick Aubourg, médecin spécialiste des leucodystrophies en France et dans le monde, que le combat contre ces maladies a commencé en 1992. L’association ELA contribue au financement de ses travaux depuis sa création.
Jusqu’à présent, le traitement de l’ALD reposait sur la greffe de moelle osseuse. Une approche limitée par la rareté des donneurs et le risque de rejet. Ici, le Pr Aubourg et le Dr Nathalie Cartier, qui travaillent depuis 1993 sur cet essai, ont choisi la voie de l’auto-greffe de moelle, en " corrigeant " les cellules de moelle osseuse avant de les réinjecter.
Un vecteur " médicament " dérivé du virus du sida utilisé pour introduire le bon gène dans les cellules de moelle osseuse : une première mondiale
Autre nouveauté : pour transférer durablement le gène médicament dans les cellules, ils ont utilisé un vecteur médicament peu commun, dérivé du virus du sida. En effet, le Vih est le seul virus capable de faire pénétrer un gène thérapeutique dans le noyau des cellules qui ne se divisent pas telles que les cellules souches et les neurones, afin de permettre un effet à long terme du gène thérapeutique.
C’est une société de biothechnologie californienne qui a produit un lentivirus inactivé porteur du gène manquant ALD.
Dans un premier temps, il a fallu isoler dans le sang de deux enfants des cellules souches de moelle osseuse. Ces cellules ont été mises en contact avec le virus inactivé dans le laboratoire du Pr. Marina Cavazzana-Calvo à l’hôpital Necker. Après le feu vert des tests sécuritaires, les cellules ont été réinjectées dans le sang dans le service du Pr. Alain Fischer à l’hôpital Necker.
L’importance de ces premiers résultats pour l’ALD et les autres maladies génétiques et maladies acquises non génétiques.
" Les résultats préliminaires à 6 mois et un an de recul sont encourageants car la protéine déficiente s’exprime dans un pourcentage important des cellules du sang et pendant longtemps ", précisent les médecins. " Mais il faut rester prudent, notamment savoir si l’effet sera durable et suffisant et si il n’y aura pas de complications dues à l’utilisation de ce vecteur médicament ".
" S’ils sont confirmés, ils pourraient ouvrir d’autres voies face à des maladies génétiques comme la drépanocytose, la thalassémie ou encore le cancer notamment", conclut le Pr. Aubourg.
Enfin la démonstration est faite que l’on peut utiliser le VIH (lentivirus) pour transférer un gène thérapeutique dans les cellules. Cela ouvre des possibilités pour de très nombreuses maladies génétiques et pour toutes les familles de l’association ELA pour lesquelles il était impossible d’envisager une Thérapie Génique avec les virus (rétrovirus) traditionnellement utilisés, comme par exemple dans le cas des " enfants bulles ".
Ces essais nécessitent de nouveaux fonds beaucoup plus importants et ELA se doit d’y contribuer largement. Les besoins immédiats représentent 600 à 700 000 euros pour les deux prochains essais. D’ici deux années, trois autres patients devraient être traités. Cette auto-greffe de moelle osseuse pourrait être proposée d’ici cinq années à tous les patients ALD-AMN candidats. Avec à terme la possibilité de dépister l’ALD systématiquement à la naissance.
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