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• La thérapie génique
Pr. Alain Fischer - Hôpital Necker - Paris

[Définition] [Les obstacles] [En pratique] [La recherche continue]



Définition

La thérapie génétique, pour des maladies comme les leucodystrophies et bien d'autres, est l'espérance de l'avenir, mais elle n'est pas encore utilisable aujourd'hui.

Elle consiste à transférer un ou plusieurs gènes dans les cellules pour leurs propriétés thérapeutiques. L'idée est de prélever certaines cellules du malade, d'y implanter le gène déficient et de les replacer dans l'organisme afin qu'elles produisent la bonne enzyme.

Pour cela, il faut connaître le gène et sa séquence :

  • savoir le cloner (fabriquer de multiples exemplaires identiques du gène isolé),
  • mettre au point un vecteur permettant de transférer le gène normal dans la cellule et l'y maintenir,
  • faire fonctionner le gène normalement,
  • et enfin s'assurer qu'il n'y a pas d'effets secondaires nocifs causés par cette procédure.





Les obstacles

Il faut savoir qu'aucune maladie n'a encore à ce jour été guérie par thérapie génique et les nombreux essais en cours chez l'Homme n'en sont encore qu'à leurs débuts.

Dans le contexte de la thérapie génique des maladies héréditaires, les solutions seront paradoxalement les plus complexes à obtenir. En général, dans ces pathologies, on cherche à mettre au point un traitement permettant d'induire l'expression du transgène le plus stable possible afin d'éviter la répétition des traitements.

Il y a plusieurs obstacles à la réalisation de la thérapie génique :

  • il faut réussir à obtenir une expression stable, ce qui implique un ciblage cellulaire efficace. Pour cela, il faut que les cellules cibles soient accessibles et qu'on sache modifier ces cellules par un vecteur ;
  • la réponse immunitaire peut constituer un obstacle car l'apparition de protéines exogènes (en particulier les protéines virales produites par le vecteur) peut entraîner une immunisation et rendre le traitement inefficace ;
  • la régulation physiologique du gène est difficile à reproduire pour les gènes des tissus spécifiques dont l'expression est régulée dans le temps.





En pratique

La solution idéale serait de transférer le gène déficient dans des cellules souches pluripotentes. Aujourd'hui, on utilise comme vecteur des rétrovirus qui permettent d'intégrer le gène dans le génome des cellules infectées. Or les rétrovirus utilisés jusqu'ici ne sont capables d'être efficaces que lorsque les cellules sont en division. Cependant, plus de 99 % des cellules souches pluripotentes hématopoïetiques ne sont pas en cycle et sont donc inaccessibles au transfert de gène par des rétrovirus. Il est possible que les vecteurs adéno-associés ou, à terme, les lentivirus (sous-groupe de rétrovirus) permettent de contourner ces difficultés.

Différents axes de recherche sont en cours :

  • la construction de vecteurs plus efficaces,
  • une meilleure connaissance de la biologie fondamentale des cellules souches et des systèmes de contrôle de l'expression des gènes.





La recherche continue

Pour que la thérapie génique se développe, des modèles animaux sont nécessaires, en particulier ceux des mammifères supérieurs.

La mise au point de ces thérapeutiques et l'ensemble de la recherche pré-clinique nécessaire impliquent des collaborations industrielles.

En France, le ministère de la Santé et de la Recherche et plusieurs associations (dont ELA) ont mis en place des recherches en thérapie génique. Ces recherches coûtent très cher et cette thérapie n'est probablement pas LA solution des maladies héréditaires.