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La maladie d'Alexander
Dr Odile BOESPFLUG-TANGUY
- Faculté de Médecine - Clermont Ferrand
Définition
La maladie d'Alexander,
orpheline parmi les maladies rares, ne représente statistiquement
rien : 1/100 000 naissances, soit au maximum sept naissances
en France par an. Le recensement est difficile, et les chercheurs
ont aujourd'hui besoin de rassembler des familles et des médecins
concernés par cette maladie : une dizaine de cas recensés
peut suffire à démarrer une étude.
Le fait que la maladie
d'Alexander soit génétique reste encore controversé.
On ne connaît pas
le constituant de la myéline concerné.
Transmission
Rien ne permet d'affirmer
comment cette maladie se transmet. Le chercheur anglais Michael
Baraitser pense qu'il y a une chance sur deux pour que la maladie
soit autosomique
récessive. Il estime que les frères et soeurs
d'un enfant malade auront environ 90 % de chances de ne pas être
touchés.
Manifestations cliniques
En 1949, Alexander
rapportait le cas d'un garçon ayant une rapide augmentation
du volume de la tête, une hydrocéphalie,
et un retard de développement. Il mourut à l'âge
de 15 mois, après une maladie ayant duré huit mois.
A l'autopsie, on mit en évidence un grand nombre de corps
homogènes, appelés aujourd'hui "fibres de Rosenthal".
De rares cas sporadiques sont apparus au cours des vingt-sept années
suivantes.
En 1976, l'équipe
du Dr Russo divise la maladie en trois sous-groupes, en fonction
de l'âge du malade.
Dans les formes infantiles,
l'enfant présente une tête anormalement grosse (macrocéphalie et/ou hydrocéphalie), ainsi qu'un
retard psychomoteur, une régression psychique et des crises
convulsives. Les résultats cliniques, radiologiques et pathologiques
trouvés chez dix enfants atteints de maladie d'Alexander
prouvée histologiquement confirment l'existence de ce sous-groupe
clinique.
Dans les formes juvéniles,
la maladie s'installe entre 7 et 14 ans, avec des signes bulbaires
prédominants, une quadriparésie spastique et de l'ataxie. L'état mental reste intact.
Dans les formes adultes,
cette maladie ressemble à une sclérose en plaques.
Diagnostic
Il est quasiment inexistant,
les signes cliniques, neurophysiologiques, radiologiques et pathologiques
ne se retrouvant pas dans tous les cas.
Physiopathologie
On a suggéré
que la pathogénie primaire est un dysfonctionnement des astrocytes et la marque pathologique de l'atteinte est l'accumulation
des fibres de Rosenthal dans les astrocytes, en particulier dans
les régions épendymaires, sous la pie-mère,
et périvasculaires avec des degrés variables de démyélinisation.
Une autre hypothèse
suggère qu'il y a un désordre primitif de la barrière
hématoencéphalique.
Bien que plusieurs dizaines
de cas aient été rapportés, la maladie d'Alexander
continue à poser des problèmes diagnostiques chez
les patients vivants à cause de sa présentation clinique
variable et souvent insidieuse.
On n'a pas trouvé
de déficit enzymatique et le diagnostic final doit être
fait histologiquement.
Traitement
Il n'en existe pas à
ce jour.
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