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Les leucodystrophies
d'origine indéterminée
Dr Diana RODRIGUEZ - Hôpital
Saint Vincent de Paul - Paris
Dr Odile BOESPFLUG-TANGUY
- Faculté de Médecine - Clermont Ferrand
Définition
Les leucodystrophies sont
des maladies rares, et parmi elles, 30 % des cas ne sont pas déterminés.
On parle de leucodystrophies de cause indéterminée
et il n'est pas toujours facile de les identifier. Le problème
principal est celui du diagnostic.
Diagnostic
L'imagerie
par résonance magnétique pour explorer le cerveau
permet de mettre en évidence des anomalies de la substance
blanche. Le diagnostic de leucodystrophie de cause indéterminée
sera porté après avoir éliminé d'autres
maladies lui ressemblant.
Il ne faut pas les confondre
avec des maladies autres que les leucodystrophies :
- avec les anomalies de
la substance blanche (ou leucoencéphalopathies) de cause
non génétique, ayant des origines circulatoires,
infectieuses, toxiques ou inflammatoires,
- avec les modifications
de signal de la substance blanche observées dans de nombreuses
maladies génétiques, en particulier métaboliques,
sans déficit primitif de la myéline.
Si le contexte clinique,
l'IRM et certains examens spécifiques permettent le plus
souvent d'éliminer de telles causes, il faut savoir qu'il
subsiste parfois des doutes. En effet, les leucodystrophies dues
à des troubles héréditaires de formation de
la myéline du système nerveux central se présentent
souvent, dans l'enfance, comme des affections non progressives,
alors que certaines lésions cérébrales acquises
pendant la période anté-natale ou périnatale
peuvent apparaître évolutives parce qu'elles s'expriment
de façon très variable durant la maturation du cerveau.
Il ne faut pas les confondre
avec les leucodystrophies connues. Certaines leucodystrophies ont
des marqueurs biochimiques qui permettent de les identifier par
une analyse de sang ou d'urine, voire du liquide
céphalo-rachidien. Il faut systématiquement les
rechercher avant de porter le diagnostic de leucodystrophie d'origine
indéterminée, même si leurs manifestations varient
beaucoup, notamment selon l'âge du patient.
D'autres leucodystrophies
sont reconnues par un faisceau d'éléments provenant
du tableau clinique, du mode de transmission génétique
et des résultats d'examens, en particulier radiologiques
(scanner et IRM) et électrophysiologiques. Une biopsie de tissu nerveux peut également être
révélatrice.
Un bilan rigoureux, l'observation
de l'évolution et la répétition d'examens clefs
sont nécessaires pour caractériser une leucodystrophie
d'origine indéterminée.
Mieux connaître
ces leucodystrophies indéterminées
Dans les services
spécialisés de neuropédiatrie, les leucodystrophies
indéterminées représentent la moitié
des leucodystrophies diagnostiquées mais leur grande hétérogénéité
rend toute étude particulièrement difficile.
Pour progresser, il faut
:
- identifier des sous-groupes
homogènes, afin d'utiliser la génétique moléculaire.
La recherche doit donc se faire à un niveau européen,
et même international. Une organisation sous forme de réseaux
permettra d'accélérer l'identification de sous-groupes
homogènes de malades, et d'optimiser les recherches moléculaires
permettant d'identifier les gènes en cause. Pour cela,
un questionnaire destiné aux familles de patients atteints
de leucodystrophies indéterminées a été
élaboré au sein d'ELA, fruit d'une collaboration
entre les équipes médicales et les familles. Il
permettra d'étudier un plus grand nombre de cas en suivant
un protocole identique, afin de trouver des marqueurs les plus
spécifiques possible ;
- utiliser les nouveaux
moyens d'investigation : la spectroscopie de résonance
magnétique permettra de trouver de nouveaux marqueurs ;
des techniques nouvelles d'analyse cellulaire (immuno-fluorescence,
hybridation in situ) guideront la thérapeutique
et le conseil génétique ;
- identifier les gènes
en cause, et pour cela il faut conserver et immortaliser dans
de l'azote liquide des prélèvements de sang des
malades et de leurs familles permettant d'obtenir le jour venu
de grandes quantités d'ADN.
Conclusion
Le rôle des familles
des patients touchés par des leucodystrophies d'origine indéterminée
est capital : plus les informations circuleront, plus les familles
se regrouperont et entreront en contact avec les chercheurs, mieux
on comprendra ces maladies rarissimes.
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