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La maladie de Pelizaeus-Merzbacher
Dr Odile BOESPFLUG-TANGUY - Faculté de Médecine - Clermont Ferrand


Définition

Cette maladie a été décrite au début du xxe siècle par les docteurs Pelizaeus et Merzbacher, à partir d'une grande famille comptant quatorze personnes atteintes en quatre générations.

Comme pour la maladie de Canavan, ce n'est pas la gaine de myéline qui est détruite, mais le programme génétique de formation de la myéline qui comporte une anomalie. L'absence de formation de la myéline est limitée au cerveau et à la moelle épinière.

Le constituant de la myéline affecté est le protéolipide.





Transmission

Le mode de transmission est héréditaire lié au sexe. La maladie, transmise par les femmes, n'atteint que les garçons. Le gène responsable de la maladie est donc porté par le chromosome X. Ainsi, les garçons, ne possédant qu'un seul chromosome X, transmis par leur mère, expriment le gène malade, au contraire des filles, possédant un chromosome X de leur mère et un chromosome X de leur père. Pour elles, l'X sain supplée l'X malade.

Malheureusement, la mise en évidence de l'anomalie exacte au niveau du gène malade (gène des protéolipoprotéines, PLP) n'est possible que dans 10 à 15 % des cas, ce qui permet alors de proposer un dépistage prénatal aux femmes transmettrices porteuses d'un ftus garçon. Ce test est alors fiable à près de 100 %. Pour les autres, le dépistage est possible mais moins fiable.





Manifestations cliniques

Dans les premiers mois de la vie, la maladie se manifeste par une grande mollesse (hypotonie), des secousses des yeux associées à un tremblement de la tête et à des mouvements anormaux des membres.

La plupart des enfants font des acquisitions lentes, jusqu'à l'adolescence. Ils sont alors handicapés par des difficultés motrices et ont du mal à marcher, à s'asseoir et à parler. En revanche, l'éveil intellectuel semble mieux préservé.

La maladie touche les enfants à des degrés divers, certains ne font aucun progrès et décèdent avant l'âge de 10 ans, d'autres ne présentent qu'une raideur et une instabilité rendant la marche difficile.





Diagnostic

Il se fait dès l'âge de 6 mois grâce à l'imagerie à résonance magnétique du cerveau qui permet de visualiser les troubles de myélinisation, alors que le scanner semble normal.

A la différence de l'adrénoleucodystrophie ou de la maladie de Canavan, il n'existe pas de marqueur dosable dans le sang ou les urines. Les potentiels évoqués auditifs, visuels et somesthésiques mettent en évidence un ralentissement des conductions dans le cerveau.





Physiopathologie

La maladie de Pelizaeus-Merzbacher est due à une mutation du gène PLP et de son isoforme, la DM 20. Ces protéines constituent 50 % de la formation de la myéline.

Selon la nature de la mutation PLP, les formes cliniques de la maladie sont mineure, classique ou sévère.

L'hypomyélinisation sévère du système nerveux central, présente dans cette maladie, explique qu'on la rattache au groupe des leucodystrophies soudanophiles.





Traitement

Il n'en existe pas pour le moment.

La recherche s'oriente dans plusieurs directions :

  • la mise au point de marqueurs diagnostiques plus spécifiques,
  • la recherche de zones stratégiques pour le fonctionnement du gène qui pourraient être le lieu d'un grand nombre de mutations encore non identifiées,
  • la recherche d'une stratégie de thérapie génique, facilitée par le grand nombre de modèles animaux de cette maladie.

Chez les chiots atteints de cette affection, la réparation de la myéline est possible lorsqu'une transplantation d'oligodendrocytes (cellules permettant la synthétisation de la myéline) embryonnaires normaux est effectuée dès la naissance. Cette transplantation ne paraît pas applicable chez l'Homme pour le moment.

Si la perturbation de l'axe hypotalamo-hypophysaire se confirme chez l'Homme, on pourra envisager un traitement compensant le problème endocrinien.