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PHILIPPE CLAUDEL Ecrivain et scénariste français |
L’âme solidaire de Philippe Claudel
Lorsque Guy Alba lui a proposé de rédiger la première dictée d’ELA pour la rentrée Mets tes baskets…, Philippe Claudel a tout de suite donné son accord. Lui qui est aujourd’hui considéré comme l’un des meilleurs auteurs contemporains, a simplement accepté de participer avec ses mots au combat d’ELA.
Lorrain d’origine et de cœur, Philippe Claudel a largement marqué l’actualité littéraire avec son livre " Les âmes Grises " couronné du Prix Renaudot en 2003. Ses textes regorgent d'humanité. Philippe Claudel possède sans nul doute un véritable amour de l'espèce humaine. Un amour vrai, celui qui, loin d'idéaliser, voit les faiblesses et les errements mais a suffisamment de compassion et d'empathie pour ne jamais juger. Il n'a pas son pareil pour décrire les gens du commun. Ceux que l'on croise dans la rue sans même les voir, nos alter ego humains aux prises avec l'implacable réalité de la vie : ses joies, ses douleurs, ses regrets, l'absence et l'amitié.
Agrégé de français, Philippe Claudel a choisi, après quelques années de lycée, d'enseigner à des enfants handicapés. Aujourd’hui directeur d’une collection chez Stock, il prend sa plume pour rédiger un texte qui colle à ELA et à son combat, un texte qu’il fera découvrir à des milliers de scolaires le 20 septembre prochain à 10h.
Trois questions à Philippe Claudel
Pourquoi vous engager aux côtés d'ELA et qu'est-ce que cela représente pour vous ?
Ecrire a toujours été pour moi une activité qui me permet d'être dans le
monde, d'être au plus près de mes semblables. C'est un acte de fraternité,
d'humanité. En écrivant un roman, cette dimension est présente mais elle
reste diffuse car on ne sait jamais qui nous lira. Par contre, mettre ses
mots et son coeur au service d'une cause comme celle d'Ela, donne subitement
le sentiment de la nécessité et de l'évidence au geste d'écrire.
Qu'avez-vous voulu faire passer dans le texte ? Dans quel état d'esprit l'avez-vous rédigé ?
J'ai toujours été fasciné par l'autre. Fasciné, intrigué, parfois terrifié,
souvent bouleversé, ému. Cet autre qui est nous-même mais qui possède une
dimension supplémentaire. Que faisons-nous pour cet autre? Que faisons-nous
lorsqu'il souffre, lorsqu'il est différent, lorsque la maladie l'isole,
l'amoindrit, le fragilise, l'encercle et l'éloigne peu à peu? C'est à ce
moment précis que nous nous devons de nous souvenir de ce qui devrait être
l'essence de l'humanité : un ensemble de vie et de soutien, de chaleur et
d'écoute, de respect et d'entraide. Je pensais à tout cela en écrivant le
texte, et j'y pensais non pas en étant triste ou en me morfondant, mais au
contraire, j'y pensais de manière joyeuse et légère.
Que pensez-vous de l'idée de mobiliser les jeunes générations pour ELA grâce à l'école ?
Au vu de ce que je viens de dire précédemment, on comprendra que je
considère l'école comme un des lieux les plus importants pour cette forme
d'éducation que l'on pourrait nommer l'éducation du coeur. Le savoir
construit l'homme mais le sentiment le nourrit. Cette nourriture, il faut
apprendre à la connaître, à l'approcher, à la goûter. L'école est dans son
rôle lorsqu'elle facilite cet apprentissage et quand elle nous fait
comprendre que nous sommes tous, je dis bien tous, sans exclusion - qu'elle
soit dictée par la maladie, le handicap, la couleur de notre peau, nos
origines, nos religions - que nous sommes tous au monde, et qu'il est à nous
tous.
Bibliographie
Trois petites histoires de jouets (Virgile – février 2004)
Les âmes grises (Stock – mai 2003)
Les Petites Mécaniques (Mercure de France - janvier 2003)
Le Café de l’Excelsior (La Dragonne - novembre 2002)
Nos si proches orients (National Geographic- mai 2002)
Le bruit des trousseaux (Stock - janvier 2002)
Quelques-uns des cent regrets (Balland - janvier 2000)
Meuse l'oubli (Balland - octobre 2000)
J'abandonne (Balland - août 2000)
Au revoir Monsieur Friant (Paris Musée - septembre 2001)